Après une nuit un peu fraîche, on trouve une balade simple et ludique à faire au départ du village. Appréciable de ne pas avoir à sortir le tank ce matin. On traverse le village, il y a des dizaines de petits cafés et restaurants qui ont tous l’air très sympa, mais restons focus voulez-vous? On passe devant des pousadas clôturées-sécurisées-luxueuses et on attaque la montée dans la forêt. On croise quelques Brésiliens en tenue de rando réglementaire traditionnelle – tongues et maillot de bain – tout va bien. Après une bonne heure de marche et quelques hésitations, on arrive à Ribeirão do Meio, gigantesques toboggans naturels d’eau fraîche. Les enfants me convainquent de venir essayer, je ne peux refuser. C’est un truc à faire, en pleine nature, et tellement plus agréable qu’un toboggan en plastique bleu qui sent le chlore. Par contre même s’ils sont très glissants, les rochers distribuent des bleus généreux et disgracieux. Et l’eau est « plus noire qu’un conte d’Edgar Poe » (Gainsbourg). Il y en a bien qui se baignent dans la Seine ..



On redescend au pas de course pour partir admirer le coucher de soleil depuis le Morro di Pai Inacio. On arrive quelques minutes avant la fermeture et on nous annonce qu’ils ne prennent que du cash ou pix. Grosse déception. Ca n’a rien à voir et sans grand espoir, je lance qu’on est enseignant pour gagner du temps – et en espérant bénéficier du tarif. Et puis ça crée une forme de respect, il faut visualiser un type en cravate et débardeur, avec sa craie à la main et sa moustache asymétrique. Évidemment qu’on n’a pas de carte d’enseignant, ni du Brésil ni d’ailleurs, mais il nous dit de patienter, et je comprends à ce moment qu’on va pouvoir rentrer à l’œil. Ça n’a jamais marché au Costa Rica – c’est pas faute d’avoir essayer – Ça marche à la Chapada!
Quelques minutes d’ascension en file indienne, pour arriver à un petit plateau rocheux qui offre un point de vue à 360 degrés qui domine les vallées qui s’étendent à l’infini. C’est la photo la plus connue de la Chapada Diamantina, qui pouvait laisser croire que ce seraient des heures de marche. On ne voit qu’elle sur les réseaux et à cause de ces fameux « algo », fantasmagoriques fabriques à moutons, au point où je me demandais si la région méritait 5h de route. Oui, la région est très variée, et propose bien plus que le Morro di Pai Inacio. Il n’en demeure pas moins que l’endroit est magique, et largement plus impressionnant en vrai qu’il ne paraît sur un écran. Par hasard, je retrouve Daniel, randonneur solitaire que j’avais croisé 2 jours plus tôt, il semble heureux de nous retrouver, comme un pote qui revient d’un tour du monde en voilier. Le monde est peut-être petit … le Brésil est gigantesque! Mais les hasards peuvent s’y produire aussi. A moins que ce ne soient les algos …



les vues là-haut sont extraordinaires
merci de me rappeler de bons souvenirs
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