On a une dernière matinée avec notre super guide dont on boit les paroles savantes et qui a remis ses lunettes pour l’occasion. Après quatre jours complets en sa compagnie, James fait maintenant presque partie de la famille. On commence tout doux avec le bananier, qui n’est pas un arbre, mais une plante, car sans tronc. Il ne donne qu’un régime de bananes dans sa vie, il faut le couper pour en avoir de nouveau. C’est tout ? Non, car James maîtrise l’art du suspens comme personne, il nous présente alors la Banana Spider, qui est en fait, avec son nom de super-héros, une super méchante, et de loin l’araignée la plus dangereuse. Sans antidote dans les 10 heures, la paralysie est totale, les vaisseaux sanguins explosent et le sang sort par tous les orifices du corps, nous apprend James avec la sérénité d’un professeur d’université. Vous avez l’image? Elles vivent dans les régimes de bananes, afin de se régaler des abeilles qui viennent butiner la fleur. Autre mise en bouche devant le réfectoire – l’histoire de la mouche qui pond ses œufs sous la trompe du moustique; en piquant, l’œuf est délicatement déposé sous la peau, et le vers va sortir, se nourrir et grandir, toujours sous la peau. Le seul remède efficace au milieu de la jungle est la poudre de feuilles de bananier qui va étouffer le vers. Si vous n’aimez toujours pas les moustiques, on rappelle que ce sont les seuls à pouvoir polleniser la fleur de cacao, donc réfléchissez bien avant de les écraser avec une savate et un sourire sadique. Comme on dit, « pas de moustique, pas de chocolat ». Le cacao étant plus lucratif que la banane, il la remplace progressivement au Pérou. Il se vend ici à 10 € le kilo. N’allez pas voir au supermarché le prix au kilo du produit fini…
Et ce sera la dernière activité de cette magnifique parenthèse en Amazonie, tellement enrichissante pour nous tous. On prend une dernière fois le bateau, pour revenir à l’agence. On fait une dernière photo avec James, et même une vidéo dis donc!



On a un peu de temps pour errer dans cette ville, un peu brouillonne. On tente de trouver de l’artisanat au marché, mais le gigantesque hangar abrite que des bêtises en plastique provenant d’Asie. Très décevant après 20 mn de marche en apnée dans la pollution. On retrouve les amis italiens et on déjeune avec eux dans un bon restaurant un peu chic. Ils ont le chic pour dégotter les meilleurs restaurants. On arrive au minuscule aéroport où l’on voit arriver Papi et Carmen, que l’on avait quitté il y a juste deux jours. On crie leur nom dans l’aéroport comme si on retrouvait l’oncle Jacob après 30 ons. Sachant que Papi est à côté de Carmen et que c’est la seule à utiliser ce surnom, on ne peut pas lui en vouloir de ne pas se retourner à notre appel. Mais les enfants ne lâchent pas. On se retrouve comme des vieux amis. Et on se remémore une dernière fois les chouettes moments qu’on a passé ensemble, dans la jungle – qui datent juste d’avant-hier – avant de se dire définitivement au revoir. Le vol est très court, 30 minutes soit 20 fois plus rapide que l’escargot de nuit qu’on avait pris à l’aller, tant pis pour le bilan carbone. On retrouve Cusco la fraîche et sèche, et l’appartement de Paloma et Alexis, comme si on rentrait à la maison. Ils sont vraiment adorables !