On quitte la plaine d’Arenal pour les collines vertes de Monteverde. A vol de colibri, c’est 1 mn 15 mais bon.. on est un peu chargé et la route fait le tour du lac Arenal. Et on n’est pas des colibris. Avec un pause pour avaler un Casado en chemin, avec vue sur le lac, cela nous prendra environ 4 heures.


C’est une région un peu plus reculée, ne comptez pas sur une belle route, aucun entretien ici, avec des tronçons sans aucun bitume, et des nids de poule si profonds qu’on pourrait se cacher dedans. La population change également, on croise plus d’indigènes par ici.
La maison est formidablement bien située, à 2 mn à pieds d’une multitude de cafés et de restaurants qui ont l’air super sympa, mais une fois rentré à la maison, c’est le silence des collines vertes. Et le brouillard qui s’invite à peu près quand il veut. On entre par une petite salle à manger, puis on arrive sur la cuisine/salon/chambre des parents. Et une chambre pour les kids. Parfait pour nous!
Les touristes viennent ici pour les forêts de nuages, un type de forêt tropicale qui nage dans un brouillard quasi permanent. Je sais, ça ne fait pas rêver, du coup, des activités plus attrayantes sont proposées pour faire venir les touristes Américains. C’est le Costa Rica, donc quand le petit chauve en veston gris de la compta, dans son bureau riquiqui du sous-sol regarde sur sa calculatrice le budget que de telles activités engendreraient …. Il montre le chiffre affiché sur la calculatrice en regardant de ses yeux ronds la belle sportive un peu rêveuse du 7e étage dans les yeux, d’abord sans rien dire. Puis de répondre qu’il va falloir trouver une activité alternative. Bye la tyrolienne et les ponts Instagram, on va faire une randonnée !
On comprend que la réserve de Monteverde est victime de son succès. On peut tenter de s’inscrire sur une liste d’attente le lendemain à sept heures dans un hôtel…. Ça a l’air un peu compliqué et pas gagné pour autant. On se tourne donc directement vers l’autre réserve, Santa Elena, en se disant que si c’est la seule qu’on doit visiter, ce sera la meilleure ! Et de loin ! Dit comme ça, les choix sont toujours plus simples.
Réveil aux aurores, pas un nuage, c’est parti pour 30 minutes de routes de montagne cabossées avec des passages où on a retenu notre souffle, que même Eddy Vedder avait la voix qui tremblait. Encore plus que d’habitude. On arrive finalement à destination, un peu soulagés, sans avoir eu à descendre du véhicule dans les côtes les plus raides.
Plusieurs trails sont possibles, T veut en découdre, et décide qu’on fera le plus long. Je me permets d’émettre l’ombre d’un doute, dans ma tête et pas trop fort, quant à la résilience de certains membres du groupe.
On attaque gaiement, sous le beau temps. Un écriteau nous invite à choisir un caillou et lui demander s’il accepte d’être notre compagnon, afin de partager avec lui nos souffrances ou douleurs pendant la marche. Freud a dû passer par là ! J’aurais bien aimé être là pierre de la rêveuse du 7e …. Ou pas.
On avance pas mal, le ciel est bleu, mais le soleil ne nous atteint quasiment jamais tant la végétation est dense.






On cherche désespérément le légendaire quetzal ou même un paresseux, mais on ne verra … « que dalle ». Il faut accepter avec humilité que la nature ne s’achète qu’avec de la patience et du respect.
Et respect pour J qui a terminé les 2 trails sans problème!
On rentre sous les premières gouttes de pluie, alors que le brouillard se répand. Le monde d’ici appartient bien à ceux qui se lève tôt.