Touristes!

Le réveil est moins matinal because on s’est couché tard donc moins de temps pour écrire aujourd’hui. Petite lenteur au démarrage. 

Je suis de plus en plus inquiet pour les mois à venir quand j’entends D parler avec les enfants. Mon niveau d’espagnol, c’est à peu près :

N’y pensons pas, j’aurai une nuit d’avion pour être fluent en Spañich, tout va bien. Cette séquence deviendra un peu notre phrase fétiche à SF ….

Au programme aujourd’hui: la prison d’Alcatraz. Il fait gris et froid. Comme on est cool, on va là où il fait encore plus gris et plus froid : le pont du bateau. Je sors le bonnet de ski. Assez vite on découvre le fameux rocher. La première chose qu’on voit est un message écrit à la peinture rouge : this is an Indian land. Et la visite commence en effet par rappeler l’histoire de l’île avant qu’elle ne devienne un fort américain au 19e siècle puis une prison. A sa fermeture en 69, un groupe d’activiste amérindien ont accosté sur l’île pour en revendiquer la propriété. Très justement, Nixon a décidé de ne pas intervenir. La première salle de la visite rend hommage à ces Amérindiens. 

Puis on découvre les cellules, le réfectoire, la cour, les détails sur la vie des prisonniers. C’est au final beaucoup plus interessant que je ne pensais. Notamment la tentative d’évasion réussie de 3 détenus par la conduite d’aération.  Un bel exploit en soi, même si on ne sait pas s’ils ont réussi à rejoindre la côte, mais vue la température de l’eau et les courants violents, même un requin pourrait se noyer ici. Les dizaines d’autres tentatives ont toutes échoué. La dernière salle présente des stats fort instructives, notamment sur le coût de l’éducation vs le « coût de la prison » – sans surprise, (bien) éduquer coûte largement moins cher que corriger, à méditer par les partisans du « mettez moi tout ça en prison ». On apprend également que le pays des libertés a la plus forte population carcérale par habitant, loin devant la Russie, la Chine ou même l’Iran. Je ne sais pas trop comment l’interpréter mais j’y réfléchis jour et nuit depuis. Les enfants eux ont plutôt été marqué par la taille des cellules. Est-ce qu’un aperçu de privation de liberté pourrait avoir un effet dissuasif sur les dealers, violeurs et caïds en col blanc? En tout cas j’ai arrêté de mettre mes coudes sur la table depuis la visite .. et je pense que dans une certaine mesure, cela pourrait être bien d’emmener certains collégiens un peu difficiles voir comment ça se passe …

Le ciel s’est ouvert alors que l’on retrouvait notre chère liberté, et la proximité de l’océan nous a naturellement guidé vers un restaurant de poisson. Hog island oysters est une institution ici, la fraîcheur des poissons, la vue sur la baie ensoleillée et .. la liberté ont tous contribué à ce déjeuner parfait. 

Quitte à faire les touristes, quelques arrêts de tram plus loin et une côte bien raide gravie à la force des mollets nous ont mené à Lombard street, cette rue iconique qui peut rappeler certaines spécialités culinaires new-yorkaises. Je dois avouer que l’idée d’aménager une rue pentue en zigzagues est une idée brillante. Mais tant qu’on marche dans la rue, il est impossible de se rendre compte de cette curiosité. C’est comme la tiktokeuse qui voulait prendre en photo l’empire state building depuis l’empire state building. Malgré tout, des dizaines de touristes prennent des photos de voitures qui roulent au pas entre deux massifs floraux. Woaww. Et ça fait marrer les mouettes !

On se dirige vers la maison. Ce soir, A donne un petit concert à son école. On ne veut pas rater ça! Également l’occasion de voir une école primaire américaine. C’est une femme souriante et dynamique qui nous ouvre et nous accompagne jusqu’à la petite salle. Ambiance très feutrée, on emprunte un large escalier à tapis moelleux, de splendides tableaux ornent les murs. Ici, pas de poster de la CGT sur la porte de la salle des prof et on ne descend pas en glissant sur la rampe en beuglant des grossièretés. Le concert est très mignon, A ne rate pas une note, il est dans le temps, bravo fiston! Il est accompagné d’une pianiste qui a joué pour Lafayette.

De retour à la maison, on se prend un dîner à la cool, J a ouvert un bon vin californien pour fêter la belle performance d’A. Les enfants chantent et dansent sur du Metallica dans le salon. On les regarde avec amusement et émotion. Il n’y a pas si longtemps on faisait comme eux dans des dortoirs d’hostel de Dublin ou Berlin avec le reste de la bande.. ce soir J me vante la qualité supérieure du vinyl. Assez saisissant en effet. Il nous raconte comment il a rencontré Lars plusieurs fois, et nous montre, non sans fierté, la baguette, remise en main propre par le batteur. La classe !

Baguette de Lars

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