Travaux hydrauliques

On se réveille en douceur après la longue marche d’hier qui a laissé des traces. Sans se presser, on part en direction d’une nouvelle cascade, donc nouvelle route pourrie. Probablement tenue par des Costa ricains, l’entrée est payante mais les prix sont encore brésiliens heureusement. 

On doit descendre des centaines de marches pour arriver à une cascade un peu  quelconque, il fait gris, on a tous mal aux jambes, les enfants se disputent pour des bêtises, chacun dans leur coin, ils paraissent irréconciliables. Normal après 4 mois de voyage, on ne peut pas leur en vouloir. Mais un peu quand même sur le moment. Ostensiblement, je propose une activité uniquement à A, faire des barrages et dévier le petit débit d’eau au pied de la cascade. En moins d’une minute, J oublie toute rancoeur et joint la partie, déployant tous ses efforts pour creuser ici, collmater en urgence, bloquer là, motiver l’équipe. Je donne quelques conseils et fais tous les efforts pour ne pas entrer dans le chantier à mon tour. Les enfants sont survoltés. La cascade fait à peine partie du décor, les enfants ne l’ont même pas remarqué. T semble moins passionnée que moi les enfants par les grands travaux hydrauliques qui s’exécutent sous ses yeux. Chacun ses domaines de compétences, mais comme elle n’a pas de réseaux, je cherche un truc pour l’inclure à son tour mais c’est rivière sèche, désolé. Les gars se sont bien amusés et quand le site ferme, on doit arracher nos architectes de leur ouvrage. C’est une inondation de déception pour nous trois. 

On remonte les 9000 marches, on s’attarde un peu pour voir si on peut accéder au sommet de la cascade mais il pleut quelques gouttes, et la patience de Madame semble être restée en bas des marches. On se rentre gentiment en admirant les couleurs splendides du soleil d’hiver sur les prairies vertes à l’infini. Des ânes et des vaches. Et nous. 

Une caipirinha à la mangue en terrasse amoureuse achèvera cette journée tranquille qui clôture la Chapada. On a réservé notre prochain et dernier hébergement, on commence à tirer le bilan, déjà nostalgique du Brésil et de ses richesses fascinantes, déjà nostalgiques avant même la fin de ce projet fou, en se souvenant de notre excitation lors de notre arrivée à New York, puis San Francisco, puis le choc du Guatemala puis …. Tant de souvenirs gravés. 

Le lendemain, un brunch traditionnel pour vider le frigo vous propose ce matin: pommes de terre et farofa, arrosé de l’excellent café de la Chapada, servi avec son gâteau au coco de Bahia. Extra. 

On démarre la route sous quelques gouttes, et on ne peut pas ne pas prendre notre pic nic au milieu de la monument valley Australienne. On s’arrête donc au pied d’un de ces monticules entourés de champs d’ananas et de cactus. Aah le Brésil ….

Après des embouteillages monstres, on rend la voiture à la nuit noire et sous une pluie battante. On négocie un taxi pour Praia do Forte. Malgré le déluge et les lacs sur l’autoroute qui nous donnent l’impression d’être en kyte surf, le gars est serein à 120, on échange avec Google translate, et il éclate de rire quand c’est drôle. Pari gagné. 

On découvre notre dernier appart, d’où l’on devine la mer pas trop loin, au bruit des fortes vagues de Praia, qui nous donnent l’impression de nous endormir sur un radeau au milieu de l’océan. Boa noite forte!

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