la Chapada Diamantina

Après la chaleur désertique de hier, on se réveille ce matin sous un ciel bas, la brume et le crachin. Des écoliers en doudoune et capuche font une balle au prisonnier sur le terrain de sport à côté, ce qui crée une nostalgie immédiate chez J. Après 3 mois et demi sans voir les copains, même s’il trouve des partenaires de foot presque tous les jours, le manque se fait sentir. A verbalise moins, mais on sent qu’il commence à penser à la rentrée. Et nous a la retraite. Heureusement pour ce matin, le petit-déj’ proposé est excellent, les fruits sont à tomber – la mangue la meilleure de la galaxie – et les gâteaux faits maison sont délicieux, il y a même un bar à tapioca, ce déjeuner est un vaccin contre la météo !

On se motive et on va voir une première cascade qui se trouve à quelques minutes en voiture. Un petit musée retrace l’histoire de la région, où un indigène trouva un diamant par hasard dans une rivière au milieu du XIXe siècle. Lorsqu’il tenta de le vendre, il fut accusé de vol, et obligé de révéler la rivière miraculeuse afin d’éviter la condamnation. Le bruit se répand très vite jusqu’à la côte et même en Europe, en quelques mois, des milliers de chercheurs de diamants s’installent dans la région. On estime qu’aujourd’hui, seuls 30 % des diamants présents dans le sol auraient été trouvés. Avis aux joueurs de loto qui sont prêts à se casser le dos (et les ongles et les yeux)… la balade est facile, pas désagréable, mais ce temps gris me coupe jusqu’à l’envie de chercher des diamants. On arrive à la cascade Tiburtinio, qui paraît bien moins belle que celle du coucher de soleil de hier soir, l’eau est noire comme du café et plutôt froide pour se baigner. Disons comme un mauvais café d’une médiocre franchise américaine qu’on n’aurait pas involontairement oublié sur la table. Ce serait dû à la présence de fer et de racines décomposées, tandis que les guides annoncent tous fièrement qu’elle est potable. Contrairement au café de ladite franchise aux gobelets blanc et vert, pardon. 

Après le picnic, le ciel commence enfin à s’ouvrir, ce qui change complètement la perspective de ce début gris, le paysage devient immédiatement riant. Voire brûlant.

On décide d’aller voir le petit village d’Iguatu. On y accède par une piste en terre rouge et pierres, plus que capricieuse dans son genre. À l’arrivée, on dirait que la voiture s’est jetée par terre au cours d’une finale disputée de Roland Garros. Le bout du monde se mérite, et la récompense est à la hauteur des efforts déployés. Le village, constitué de petites maisons authentiques et de rues en pavés irréguliers se trouve en haut d’une vallée, entourée de hautes falaises rocheuses. Calme total, petites terrasses sans client, chiens qui dorment, on est sur une autre planète ici. En tout cas pas celle de Copacabana. Le bas du village permet de découvrir l’immensité de cette vallée, mais aussi les ruines du village qui devait abriter les premiers chercheurs de diamants. Donc encore un peu plus calme que le haut du village. Quoique …. Les maisons en ruine carrées et parfaitement alignées peuvent rappeler un peu le Macchu Picchu. Sans le Sacré. Ni l’astrologie, ni l’histoire centenaire, ni …. En fait ça ne ressemble pas. Mais on est un peu stressé par le jour qui baisse dangereusement, l’étape-ascension du Paris-Dakar-du-Brésil qui nous attend, et surtout, par le niveau d’essence dans la voiture qui est inquiétant au pied d’une telle montée. Dans  cette situation, la famille cigale décide d’aller prendre une crêpe au tapioca sur la table bancale de la terrasse d’une maison qui peut faire restaurant aussi. Au RDC de la maison, la cuisine, un vieux canapé qui serait recalé sur le bon coin, et à moins de 50 cm, une télé qui diffuse un film d’horreur. À 16 heures. Mais la crêpe est tellement bonne, l’atmosphère si paisible … on en oublie le face-à-face avec la route qui nous attend. 

On arrivera tout juste à Mucugé, doublé par toutes les voitures. Et les scooters. Le plein pour rassasier la voiture, et une poignée d’amendes meilleures que des diamants pour notre dîner, avant de se coucher sur cette belle première journée dans la Chapada. 

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