Si jamais vous vous demandiez à quoi ressemble Barr-on-ice un lundi matin, et bien c’est comme le dimanche. Embouteillages de 4×4 qui emmènent les touristes aux dunes, de motos qui pétaradent, et de cars qui déposent de nouveaux touristes qui n’ont rien vu, et emmènent ceux qui ont déjà vu. Nous marchons avec nos valises jusqu’au point de rendez-vous. 1mn en voiture, 15 avec des valises de 25 kg. C’est une station-service, où ont été disposées 6 chaises – au milieu des odeurs d’urine. Le bus arrive largement en retard, ce n’est pas Jairo, mais le chauffeur est aussi bien coiffé que James Bond, ce qui compense, le smoking a juste été remplacé par un débardeur-cravate bon marché à l’effigie de la compagnie. Quelle part de son retard peut-on imputer au temps passé dans sa salle de bain? Difficile à dire. Vu l’orga, on n’est pas trop sûr de tous monter, des passagers arrivent de partout comme s’il s’agissait d’une distribution gratuite de CD sur un parking dans les années 90. Ils attendaient cachés? Et c’est James Bond qui donne les étiquettes de bagage, et vérifie les passeports, et tue bien évidemment les méchants à la fin – tout en restant bien coiffé.
C’est parti pour le trajet vers Sao Luis, qui traverse les même paysages splendides, avec cette même impression de lenteur sur le bord des routes, les terrains de foot, les petites maisons… Et le délicieux feuilleté au fromage accompagné du café, mais suivi d’une crêpe au tapioca cette fois, notre nouveau kiff.






L’arrivée dans l’aéroport est d’une certaine manière la clôture du Nordeste pour nous. Plus généralement, l’aéroport c’est une transition, une zone neutre, où l’on croise aussi bien les locaux qui ont les moyens de partir, que les touristes qui arrivent ou transitent, mais on se sent déjà tellement loin de ce qu’on voit depuis le bus, et de la vie dans les huttes en bas. . On est déjà dans ce monde des voyages longue distance. Et donc une sorte de frontière. Depuis le hublot, la végétation semble très dense jusqu’à la mer, comme si elle n’avait jamais été explorée. Ce qui me fait rêver ….
Adeus ao Nordeste!

Quatre heures d’escale à Recife, c’est long, mais on commence à être rodé à l’exercice, puis on embarque pour notre dernier vol interne à destination de Salvador, ultime grande ville de notre périple. C’était le point final, l’antichambre de Charles de Gaulle, la ligne d’arrivée, prévue depuis le début et qui nous paraissait si loin .. Elle est maintenant visible, on la touche déjà du doigt. Bon il nous reste 3 semaines, ce qui représente encore de longues vacances, mais pour nous, ça commence à sentir le dimanche soir. Mais profitons encore plus de l’instant.
Comme dans toutes les villes du Brésil qu’on a traversé le soir, le taxi roule vite, les feux sont tous verts pour lui. On longe de grandes favelas et on arrive dans Rio Vermilho. Le quartier semble calme, les restaurants, nombreux par ici, sont fermés. On est devant l’immeuble à 1h du matin, ce qui fait un voyage de 17h porte à porte. Auxquelles on ajoute 30 minutes pour comprendre comment le code d’entrée fonctionne, et pour deviner le numéro de l’appartement en passant devant les portes qui émettent le signal wifi le plus fort. On a le nom du réseau mais pas le numéro de l’appartement, ni James Bond avec nous, puisqu’il est resté à Sao Luis. Enfin on entre ! De mon humble point de vue, que j’essaye de cacher autant que possible, l’appartement est charmant, très bohème, beaucoup de plantes, meubles de récupération, instruments de percussion, hamac d’où on perçoit les vagues de l’océan furieux au bout de la rue. Pour certains autre furieux, ça manque de rangements – cruel – et le matelas posé sur une planche en bois n’est pas du goût, donc ça grince des dents à la DGCV (confort pendant les vacances). Un peu las après cette journée et les heures passées pour dégotter cette perle, j’en suis à proposer de partir le lendemain.
Demain il fera meilleur.