Pour le plus grand soulagement de nos chers postérieurs encore en PLS de la veille, l’excursion du jour ne sera pas en 4×4, mais en lancha. Deuxième bonne nouvelle, c’est speedy Jairo qui vient nous chercher. La mauvaise c’est que c’est speedy Jairo qui vient nous chercher interrompant une fois de plus notre petit déjeuner. Après la rigolade d’hier, on peut tout lui pardonner. Il nous dépose à la rivière et on embarque. Le capitaine ne cache pas qu’il ne parle pas un mot d’espagnol ni d’anglais et qu’il ne compte pas faire d’efforts pour nous. On considère ça comme un geste de bienvenue.
Le Rio est beau et paisible, easy like Sunday morning. On fait des arrêts pour découvrir la végétation, mais ce n’est pas James, les commentaires sont légers, et en portugais anyway, mais même sans rien comprendre la balade reste néanmoins très agréable. On fait une halte au pied d’une dune qui tombe littéralement dans la rivière, où des dizaines d’autres lanchas font escale à côté d’un café. On monte sur la dune pour découvrir à nouveau cet océan de sable blanc. Evidemment l’effet de surprise est moindre que la veille, mais c’est toujours aussi beau. La queue pour accéder au bar est digne d’un festival de métal, donc quand je reviens avec une noix de coco bien fraîche dans chaque main et le mot de passe du wifi entre les dents, je vois le regard de soulagement de la femme du chasseur-cueilleur devant un gibier après une semaine de jeûne.
Prochain arrêt Caburé beach, longue bande terre de 20km entre rivière et mer, où un ouragan énervé a dû passer – il ne reste que quelques ruines de maison et un restaurant, idéalement situé en face de notre point d’attache, et justement recommandé par notre guide du jour. Ça se goupille decidemment plutôt bien tout ça! Devant tant de choix, on va docilement commander notre déjeuner puis direction la plage. Pas la plus belle qu’on ait vu, mais les ruines sur le sable chaud créent une ambiance post apocalyptique qui rappelle mad max. Justement, trois filles à scooter s’arrêtent à 20m de nos sacs à dos posés sur le sable, elles resteront tout le temps qu’on sera dans les vagues, je ne pense pas qu’elles bronzaient ou mataient car elles repartiront exactement au même moment que nous. Une étrange coïncidence, vous en conviendrez mon cher Watson …



Le dej est correct sans plus, mais difficile d’espérer mieux en situation de monopole. Monopole? Non: alors qu’on cherche un hamac, on voit justement une grande maison ouverte, sous un large toit de paille qui semble abriter des hamacs. C’est en fait un autre restaurant, beaucoup plus classe, avec un personnel nombreux mais qui s’ennuie puisque sans le moindre client. On commande un jus et on va s’installer à l’étage qui domine la plage, en profitant de l’air rafraîchissant de la mer comme climatisation naturelle. Ce fut probablement le meilleur jus d’ananas que j’ai bu, et on se dit que le repas aurait pu être pas mal non plus. On commence à parler avec la patronne qui nous explique que les guides s’entendent avec les restaurants tenus par leurs copains, et qu’il est donc très difficile de casser cette entente, en particulier quand tu « arrives de l’extérieur »… vu qu’elle parle un anglais parfait, on engage un peu plus la conversation et elle nous apprend qu’elle a été de nombreuses fois à Paris, ce qui éveille notre curiosité. Elle était simplement la manager de… Sepultura!! ex femme d’Igor, on a du mal à croire qu’on soit arrivé là par hasard. Sepultura!! Elle nous explique ses projets de monter un hôtel sur cette plage. Je me contente de lui souhaiter bon courage… On repart incrédule on sifflotant joyeusement les plus grands airs de ce groupe de trash incontournable des années 90.
L’étape suivante est le petit village de Caburé, ses rues en sable brûlant, sa succession de boutiques d’artisanat kitsch, et de bars à cocktails à l’hygiène un brin baroque, et son phare fameux. Son ascension permet de profiter de courants d’air salvateurs et de découvrir la vue sur la mer d’un côté, et la forêt et les dunes de l’autre. Et de se rendre compte une fois de plus de l’immensité de ce pays. Avec cette chaleur, je ne peux remonter dans la lancha sans goûter un de ces cocktails à base de délicieux produits locaux. Ça fera office de goûter puisqu’il n’y a pas de crêpe au tapioca aujourd’hui ! Retour tout sourire sur la lancha qui file.





