Lençois Maranhenses

C’est la raison de notre venue jusqu’à Sao Luis, le Machu Picchu du Brésil, le Pain de sucre du Nordeste, ce site grandiose dont les photos surréalistes nous ont fait rêver pendant des mois malgré ce nom imprononçable : les Lençois Maranhenses! C’est aujourd’hui allez, on vous emmène!

Les bus qui viennent chercher les voyageurs à l’hôtel sont toujours en retard, on appréciait donc tranquillement notre aguacate-café quand on nous annonce que le bus nous attend à 8h. On expédie le petit-déj’ en stress et la bouche encore pleine de dentifrice, les tongues à la main, on se précipite dehors où le véhicule nous attend. Un pickup qui ressemble à une lancha, où 12 places ont été installées sous un toit de toile nous attend avec le guide. Le chauffeur nous accueille chaleureusement. Il s’assure que l’on a la crème, maillots et chapeaux, et qu’on est prêt à se faire secouer. En effet, une fois tous les clients récupérés, sitôt la rivière qui délimite la ville passée, on roule sur une piste de sable fin, et ça secoue déjà comme dans une pub d’orangina, mais tout le monde se marre bien. On commence à faire un peu connaissance avec les seuls qui parlent anglais ici, un couple Anglo-Belge (pas couple selon T) . Les pistes se croisent dans un labyrinthe qui nous semble inextricable. On mise tout sur le chauffeur à ce moment-là. Les paysages eux sont formidables et évoquent un peu la savane.

La pulpe n’est sûrement plus en bas quand on s’arrête enfin, un peu secoués, au pied d’un grand escalier en bois qui monte à forêt sur une dune. Soleil de plomb qui assomme, vent chaud qui descend la dune et groupe curieux qui la remonte. La vue au sommet tient toutes ses promesses, le paysage qu’on découvre est absolument unique : des dunes de sable blanc qui s’étendent à l’infini, ponctuées de lagunes rendant le spectacle irréel. Immensité. Immobiles, on reste ébahi et ébloui quelques secondes au sommet de ce désert paradoxal, avant de commencer à avancer vers notre première lagune, que l’on ose pas toucher de peur qu’il ne s’agisse d’un mirage. L’eau est cristalline et plutôt bonne, c’est un rêve de se baigner dans ce site. Descendre ces pentes raides de sable brûlant en courant et se jeter dans l’eau. Un kiff ! Malheureusement, dans la précipitation du matin, ma sirène a oublié ses écailles, et ne peut donc profiter avec nous de ces instants. 

On quitte avec regret cet environnement unique pour aller déjeuner. Les quelques minutes de marche sur le sable brûlant et incliné sont vite fatigantes, et on commence à se dire qu’une rando de 20km aurait été compliquée. Après une heure de tape-fesse, on arrive dans un restaurant où les groupes s’enchaînent. On est tous assis autour d’une grande table ronde, ce qui permet de mieux voir le groupe, mais on discute surtout avec la Belge et son Anglais qui font aussi un grand tour des Amériques en mode roots. Tandis que les Brésiliens restent plutôt silencieux. On devient assez vite l’attraction de la table. Après une sieste sur le hamac, on remonte dans le 4×4 voir une autre lagune, se baigner à nouveau, et admirer le splendide coucher de soleil. Depuis le sommet d’une dune, l’instant est magique !

On repart comblé de cette journée, et c’est parti pour une course poursuite avec les autres 4×4 sur les pistes sablonneuses. Avec les enfants, on commence à chauffer Jairo, notre conducteur, et assez vite, tout le groupe se prend en jeu et nous sommes 12 vikings survoltés à hurler à chaque 4×4 que l’on double, comme autant de victoires sur l’ennemi, ou de buts dans une finale. On ne sent même plus les douleurs aux fesses tellement on se marre à bord du bolide de Jairo Lewis Hamilto. Un super moment. 

Il fait déjà nuit noire, le véhicule s’arrête un peu avant l’entrée du village devant une maison qui vend des crêpes de tapioca, on est pas encore trop sûr de ce que c’est, mais ça sent tellement bon et comme tout le monde se régale, on en commande deux. C’est simplement délicieux ! C’est en fait la maman du guide qui prépare. Ici encore plus qu’ailleurs, tout semble fonctionner par relation, on en aura encore la preuve le lendemain. Pour résumer cette journée: plaisir, contemplation et franche rigolade au tapioca.

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