Baía da Traição

Je me réveille tôt et une fois extrait discrètement de la chambre afin ne pas réveiller la famille marmotte, je profite pour aller écrire, et faire une ébauche de planning pour cette journée. Je regarde en même temps le manège du patio où est servi le petit déjeuner, sans trop pouvoir dire qui est client et qui travaille ici. C’est amusant quelques minutes, mais au bout d’un moment, je regarde plus ma montre que mon clavier ou les allers-retours autour, et mon impatience me pousse à aller sonner le réveil. Le temps que tout le monde se mette en branle, il n’y a plus personne (ni rien) à manger dans le patio. Heureusement que la papaye qui restait était délicieuse.

On décolle, largement trop tard à mon goût, vers le Nord, en direction des terres Potiguara. C’est un des plus anciens peuples indigènes du Brésil, ils se répartissent dans une dizaine de villages entre Rio Tinto et Baía da Traição. On traverse quelques villages où leur culture est mise en avant, mais on ira à leur rencontre plus tard dans la journée. Pour ce matin, j’ai repéré une plage qui semble un peu magnifique. Mais la piste pour y arriver est longue et digne des pires routes du Costa Rica. On atteint enfin un groupement de quelques maisons du bout du monde, posées sur le sable blanc d’une plage tirée d’une carte postale, qui semble s’étendre à l’infini. On se gare à l’ombre, sur le parking d’un premier restaurant au nom prometteur mais malheureusement fermé. Une famille est installée sur la terrasse suivante, avec des consommations et du balagan sur la table. C’est bon signe. Un monsieur pas trop souriant dans son T shirt sale nous accueille. On lui achète de l’eau, on lui laisse nos sacs à dos, et on part en vadrouille admirer cette plage paradisiaque qui laisse sans voix. La petite église baroque, corps étranger au milieu de la nation Potiguara, comme rajoutée sur le bord de cette plage idyllique ressemble à un container tombé d’un bateau portugais.  

Le déjeuner est somptueux, on en ferme les yeux malgré le paysage délicieux. 

On ne veut rater aucune miette de cet endroit, que l’on termine en se léchant les doigts comme après un dessert interdit. Mais régalons-nous, gavons-nous, le chemin depuis Charles de Gaulle jusqu’ici était suffisamment long pour ne pas profiter pleinement du festin. Puisqu’on est là .. difficile de se décider à partir, le gentil monsieur qui ne sourit pas, mais cuisine divinement nous indique où trouver de l’artisanat indigène. On a dû rater la déviation, on n’a jamais trouvé l’endroit. Quant à l’atelier que j’avais repéré, cela fait bien longtemps qu’il est fermé. Après avoir visité le paradis pendant quelques heures aujourd’hui, il serait malvenu de se plaindre, et je ne peux maudire que moi-même de ne pas avoir décollé plutôt de la plage cet après-midi. Et du patio ce matin ! Mais frustration interdite.

Après un café trop sucré sur le bord d’une rivière – pas moins paradisiaque, caressée par les rayons d’un soleil qui commence à fatiguer le pauvre – mais qui n’a pas pansé ma fausse frustration pour autant, on continue vers le nord jusqu’à Pipa, petit bijou de surfeurs hippies, où l’on dépose nos valises pour quelques jours.

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