On voulait terminer Olinda par la visite d’un beau couvent, mais notre trajet fut interrompu par des chants très familiers. Je passe la tête à travers la fenêtre où un gamin de quatre ans est assis sur le bord, quand je vois qu’il s’agit d’une école de capoeira, une centaine de participants de très bon niveau pratique l’Angola. On rentre, on demande timidement si on peut participer au cours avec J, mais la Mestre ne se montre pas vraiment enthousiaste à cette idée. Elle préfère poser devant un photographe que de partager. Soit. On regarde l’échauffement et les exercices avec envie. Puis la roda – il y a tellement de beauté, de grâce et de puissance contenue dans l’Angola, c’est un vrai plaisir à regarder! Également intéressant de voir le déroulement d’un autre cours, dans cette salle, à la limite de la ville, avec une terrasse qui donne sur les palmiers et les tours de Recife au loin.





On rentre déjeuner à la maison ravi de ce moment, on ferme les valises et on clôture ainsi Olinda la belle. Mais une fois quitté le centre, les faubourg puis les premières villes traversées semblent plus modestes et moins colorées. Assez vite domine le vert vif de cette végétation équatoriale généreuse. La BR 101, autoroute-gruyère ponctuée d’innombrables nids de poule, traverse d’immenses étendues de prairies et de collines splendides, d’où émergent quelques palmiers ici et là.
On arrive à João Pessoa où l’on a juste le temps de faire une petite balade sur l’immense plage avant que la lumière baisse déjà. C’est le point le plus à l’est de l’Amérique latine, le soleil se lève à 4h30 du matin, si jamais ça intéresse quelqu’un…. La posada réservée semble correcte, la chambre possède 3 lits, c’est sa principale qualité – et une vue sur un mur en brique grise. Pour le.petit dej sur le balcon on repassera. La propriétaire insiste beaucoup (trop?) sur la sécurité du quartier. Soit elle anticipe sur les questions des touristes, soit c’est pas si sûr que ça par ici, un peu comme les enfants qui essayent de nous rassurer avec un « t’inquiète! ». Le pays semble être habité d’un traumatisme profond, plus ou moins conscient de la violence urbaine.
On se dirige quand même vers le restaurant qu’elle nous a conseillé. C’est une salle immense avec une centaine de tables, une scène assez bruyante bien que lointaine, où se succèdent des groupes. Le premier est plutôt pas mal, le 2e un peu moins. Quant à la communication avec la serveuse c’est un vrai sketch, on dit merci le téléphone. Rien que de lui demander un deuxième menu en lui montrant la carte et en faisant deux avec l’autre main prend une minute, elle me regarde avec un sourire impuissant. On arrive quand même à commander un barbecue mixte, ou un genre de pierrade, la saucisse de frango est absolument délicieuse. Il y en avait pour cinq même si ce n’est pas indiqué. De nombreux restaurants proposent ce genre de plats généreux, le prix paraît élevé, mais cela nourrit une famille sans problème.
Le petit dej de la pousada pourrait être résumé par la délicieuse papaye. Pour le reste, il restera dans les annales de la médiocrité culinaire. Heureusement la région nous réserve d’autres trésors ….