Rio – Olinda

Dernière matinée à Rio, ville qu’on a rajouté au programme du voyage assez tardivement. C’est une ville extraordinaire qu’on a vraiment adoré! Pour terminer en beauté, on décide d’aller faire une promenade matinale sur la splendide plage en bas, Copacabana. Rien que ça. Je crois que ces gens qui ont la plage et le soleil toute l’année ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont, qu’ils viennent une semaine au mois de janvier à Paris pour mieux apprécier leur chance. Comme toujours, cela ouvre la porte à plein de bonnes résolutions qu’on mettra en œuvre dès le 1er septembre. Sans faute. 

Et pour bien démarrer, on remplace le traditionnel brunch local du départ par un petit dej français avec baguette et croissants qui se défendent plutôt bien – pour des Brésiliens. 

Qui dit mini taxi dit 25 kg sur les genoux, mais on ma girl from Ipanema a désormais l’habitude, on n’essaye même plus d’optimiser le coffre. 

On atterrit au crépuscule à Recife, capitale du Nordeste brésilien, avec l’appréhension de devoir conduire de nuit dans cette ville réputée dangereuse le soir. Et c’est évidemment là que les valises mettent 30 mn à arriver. On ne sait pas où on dormira, mais au moins on sera en pyjama. 

Sans surprise, l’employé de l’agence de location ne parle pas un mot d’anglais, et le coquin nous sort une voiture qui ne ressemble même pas de loin à ce qu’on a réservé. Se battre? Accepter en disant merci? Le contrat est en portugais, ce qui me donne une nouvelle occasion de maudire François 1er et ce loueur. Et tous les autres par la même occasion. Ils me donnent tous des boutons. 

On grogne mais on démarre, concentration maximum, motos par dizaines qui doublent de chaque côté, piétons qui traversent avec un caddie « de leur vie rempli », bus qui klaxonnent, mais tout le monde met un point d’honneur ici à utiliser son clignotant avec application. Si le début est soft, on se retrouve assez vite dans des quartiers de grande misère, que l’on traverse habituellement en taxi ou en bus. Chaque feu rouge est l’occasion d’un point sécurité dans tous les angles et tous les rétroviseurs. Certains posts peuvent être anxiogènes et Google nous sert exactement ce qu’on veut entendre, alimentant la psychose. Mais quand on ne connaît pas, on ne peut se fier qu’aux sources d’information que l’on peut glaner. On arrive finalement aux rues pavées d’Olinda, qui semble très (trop?) calme dans l’ensemble. 

C’est Luis qui nous ouvre et nous montre la maison dans ses moindres détails sans oublier de remercier D. d’habiter dans un quartier sans délinquance.. Épicier de 75 ans en short et chemise ouverte, il parle aussi bien anglais que moi le portugais, mais il a l’air vraiment gentil derrière ses lunettes et sa barbe grisonnante.

La DGHS cache bien son enthousiasme, et se rue sur la proposition d’aller au restaurant en voiture – environ 3 minutes de trajet. On atteint vite un carrefour très animé. Des dizaines de jeunes de tous âges discutent avec un verre à la main dans la meilleur ambiance qui soit, nous faisant vite oublier les messages alarmistes qu’on ramasse dans le caniveau de la toile. On est jeudi. Ça bouge ici.

Mais sitôt descendu de la voiture, il se met à pleuvoir assez fort. Puis pluie fort tropicale. On se précipite dans le premier bar, qui nous confirme qu’on peut aussi manger. Un groupe de forro joue très fort dans une ambiance … fort « tropicale », attestant qu’on est dans le Nordeste. On peut à peine s’entendre et c’est finalement pas si mal. La carte est exclusivement en portugais mais on je commence à se familiariser avec les mets d’ici. Et si la première gorgée de bière achève de nous rassurer sur la sécurité, la première bouchée redonne le sourire à tout le monde.

On se régale, aussi bien de la nourriture que du spectacle. Le groupe enchaîne les reprises, non qu’on en connaisse une seule, mais tout le monde chante en dansant. Je bouge un peu l’épaule droite, mais les kids gardent les fesses vissées sur leur chaise, dans une imperméabilité musicale qui frôle l’intolérance. On est perdu comme quatre Japonais débarqués à un bal du 14 juillet dans l’Ariège, coincés entre Claude François, Sardou et Patrick Sébastien. La serveuse nous sert et ressert à l’œil, toujours dans le rythme, et fait même l’effort de se faire comprendre en anglais, ce qui est vraiment rare ici. Un super moment, this is Olinda !

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