Copacabana et pao de açucar

Je me réveille assez tard mais tout le monde dort encore dans le grand appart. Le gardien du matin, pas plus samba que celui du soir, m’indique le chemin du supermarché, je ne comprends pas tout mais je me lance. Il y a malheureusement beaucoup de SDF qui dorment à même le sol dans la rue, et presque autant de voitures de police et d’agents de sécurité stationnés. Les passants marchent en les ignorant, mais gardent les yeux partout, comme si la menace était généralisée et imminente. Du coup je regarde aussi partout. In Rio, do like the Cariocas. Je vois des caisses et des gens qui sortent avec des sacs plastiques, c’est un indice. Beaucoup de beaux fruits, des fromages parfois français, des viandes pour chauffeur de taxi, des belles baguettes, et des produits préparés sur place qui semblent délicieux!

Et c’est parti pour une balade sur l’immense plage de Copacabana, élancée, belle et sportive. La nature luxuriante et préservée semble entourer la ville, comme prête à la dévorer. La ville devrait se méfier un peu plus, comme les passants du quartier..  L’eau est plutôt fraîche, mais on s’en contenterait volontiers dans la Seine à la fin décembre! Je ne peux m’empêcher de partager quelques photos avec les capoeiristes, par contre pas la moindre roda ni berimbau pour l’instant. Il y a énormément de sollicitations sur la plage, des cocktails aux assiettes de crevettes ou de maïs, en passant par les ballons, les groupes de samba et les biscuits, Littéralement tous les âges sont impliqués, de 7 à 77 ans, assez triste ..

Sur un cao de cabessa, on prend une taxi (métier plutôt masculin en général ..) pour le pao de açucar, et un jus de coco avec 2 pailles svp, sur la plage au pied du pao. On n’en revient toujours pas d’être au Brésil. Le Pain de sucre semble touristique mais rien à voir avec la file pour le Machu Picchu non plus. On prend un premier tronçon de téléphérique qui permet déjà de découvrir une vue imprenable et impressionnante sur la ville, et de comprendre toute l’étendue de cette mégalopole de 12 millions d’habitants, entrelacée de vastes lagunes, et de collines raides sur lesquelles pousse une végétation dense. C’est assez unique je dois dire. De tout petits singes à tête horrible viennent ramasser les miettes laissées négligemment par les touristes. S’ils étaient plus grands, les gens partiraient en hurlant, mais de cette taille, ils sont toujours fascinant à voir. On monte au deuxième tronçon à 500m d’altitude, vue d’avion au soleil couchant, c’est à couper le souffle d’ici. Mais il commence à faire froid et il y a une demi-finale en cours, J trépigne…

On allait redescendre frigorifié quand une gentille dame nous invite à assister à un concert comme si on sortaient du taxi avec nos billets à la main. On ne peut pas refuser un tel tapis rouge, on se retrouve en short dans un amphithéâtre de costumes et d’uniformes, à écouter une fanfare militaire qui nous régale. Tous les musiciens sont blancs sauf les chefs d’orchestre successifs. Le niveau des reprises des thèmes bossa et disco est proprement incroyable. Quand arrive un crooner qui achève de mettre tout le monde d’accord. L’impression d’avoir la chance d’assister à un moment de très grande musique. On redescend, incrédules, autant sonnés par le vent, la vue que la musique. 

On attrape un taxi qui nous donne le score déjà sévère pour l’adversaire. Le type combine un accent, une voix, une haleine et une tête assez compliqués. Je me pince pour ne pas avoir de fou rire en mettant la tête dehors. Pour faire plaisir aux enfants, on assiste au dernier but du match, puis on va dîner dans un restaurant portugais plutôt médiocre. Peut-être parce qu’on était assis face au congélateur d’où on voyait sortir les cartons.. mais après un telle journée, on ne peut que remercier. L’açucar pour du caviar. 

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