Le Machu Picchu

C’est le grand jour, le site iconique du Pérou, le truc qu’on voit sur tous les Tshirts, mugs, guides de voyage et casquettes depuis un mois, la Tour Eiffel du Pérou, la visite qu’il faut faire … on n’a pas le droit d’être déçu! Les 150m de file pour attendre le bus qui mène au site, le créneau de visite réservé il y a trois mois, passeport à la main … gérer un site avec une telle affluence ne peut se faire sans discipline, mais n’espérez pas faire un remake de la dernière croisade, ici c’est la machine Picchu. Pas fan. Je vois cette visite comme une cerise de plus sur le gros gâteau qu’on déguste depuis notre départ de France. Paloma a des clients américains qui ne font l’aller retour que pour cette visite. Un peu réducteur mais ne jugeons pas, voulez-vous ? On arrive sans trop se presser, en fiers voisins Cusceñen, conscients du luxe du temps long, ballade les pieds dans l’eau le matin …

Aguas calientes et ses rochers de 5m

Je dois dire que l’arrivée au site tient toutes ses promesses – une fois passée la jungle des selfies – c’est simplement grandiose de découvrir cette immense cité perchée au milieu de montagne si escarpées, et en même temps si bien restaurée. Il faut juste un peu piétiner au début le temps que ces demoiselles spirituelles n’immortalisent une fois de plus leur propre personne ô combien précieuse, dans leur smartphone avant de repartir, pleinement satisfaites du devoir accompli. Et de la visite culturelle.

Luis, notre guide du jour, nous explique les différentes parties du site. Sans surprise le haut était réservé aux puissants et aux grandes familles de pèlerins qui avait prêté allégeance au roi, aux scientifiques et aux astrologues, tandis que le bas, encore largement recouvert par la jungle aujourd’hui était habité par les besogneux. Il y a des invariants qui traversent les époques, dans toutes les cités. Comme toute ville, elle devait nourrir ses habitants, et de multiples terrasses entourent donc le site. Luis nous apprend à cette occasion que 60 % de la nourriture terrestre consommée dans le monde provient génétiquement des Andes. En y repensant, tomates, pommes de terre, maïs… arrive-t-on à 60%? Je n’ai pas retrouvé ce chiffre. Le sommet, si caractéristique qui domine le site est le Wayna Picchu. Il s’agissait probablement d’une tour de guet. Les terrasses situées sur ses flancs n’ont pas une vocation agricole, mais elles protègent la cité des inondations. Le site devait avoir une fonction religieuse, des traces de sacrifices ont été retrouvées, également attesté par la présence de bains purificateurs sur le chemin depuis Cusco, en général, les montagnes étaient sacrées pour les Incas, car considérées comme les ancêtres de la famille. Mais par la présence du roi et des familles puissantes, il se devait de garder une communication avec la capitale, ainsi, des messagers effectuaient des relais jusqu’à Cusco. Des abris ont été retrouvés tous les 8 km. 

De tout temps, l’existence du site était connue des populations locales jusqu’à Cusco, même documenté, donc partiellement exploré. Hiram Bingham, qui a inspiré le personnage d’Indiana Jones, a eu l’audace de vouloir y accéder, et de proche en proche, les habitants de la vallée l’ont aiguillé jusqu’à sa découverte. Il a effectué l’ascension finale avec un enfant de la vallée, soudoyé avec … un bonbon! Lorsqu’il a découvert le site, deux familles y vivaient. On imagine sans mal sa stupéfaction le jour de la découverte en 1911! Énormément de tombes, et donc d’offrandes et d’or ont été trouvés, et pillées, 1 sol étant offert à chaque villageois par tombe pillée. Il ne s’est pas étouffé par les scrupules ! Paloma, n’hésite pas à parler de lui comme le plus grand pilleur du Pérou. Luis, qui ne nous connaît pas, essaye d’adopter une position un peu plus modérée. Il faut bien reconnaître que c’est son nom que l’histoire a retenu, et que sans le Machu Picchu, qui attire 1,5 millions de visiteurs par an, le tourisme au Pérou ne serait différent de ce qu’il est aujourd’hui.

Luis nous quitte, et on reste un peu pour s’imprégner de l’atmosphère magique qui règne, profiter des derniers rayons de soleil sur ce site unique. Puis on entame la descente à pied, cela représente presque 1000 marches en pierre. Pas forcément le plus agréable pour les genoux.. on arrive à la nuit, les enfants tiennent à aller voir les thermes, tandis que T a la flemme et le flair de rentrer à l’hôtel. Elles ne sont pas désagréables, tant qu’on est dedans, 34°, petits bassin en pierre, on enchaîne les petits jeux avec les enfants. La sortie de l’eau est largement moins agréable, mais on est tellement content de l’avoir fait ! On dîne dans un délicieux resto, recommandé par Luis, l’Alpaca aux champignons et encore une fois délicieux!

Mon humble avis – faire le trek, ou au moins la montée depuis Aguas Caliente à pied, et arriver au site le matin pour éviter les hordes, mais c’est à faire!

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