Pour s’acclimater à l’altitude, on monte quelques minutes en direction d’un belvédère d’où on est censé pouvoir voir les trois volcans. Il nous en manque un – impossible de rester sur un tel échec pour la DGPC. On croise un groupe d’étudiants de Lima, qui se précipite vers nous en nous entendant parler. Ils sont animés d’une gentillesse et d’une curiosité inébranlable. Un d’entre eux a dû me serrer la main quatre fois en deux minutes de conversation comme si j’étais Bono. J’adore cette ville.
On continue d’explorer le quartier, plutôt résidentiel, à la recherche d’un point de vue sur le Picchu Picchu qui manque à notre tableau (qui signifie « plusieurs pics » en langue Quechua). On passe devant la maison d’un petit vieux qui astique sa jeep. Plutôt que de demander à Google où aller, j’interroge le vétéran du Paris-Dakar 89. C’est un adorable moulin à parole qui nous propose même, dans son enthousiasme débordant, de nous héberger quelques jours chez lui (ou bien de nous faire un tour de la ville, selon les interprétations – c’est dire notre niveau d’espagnol dans la famille). C’est alors que sa femme arrive. Oy ve.
On arrive au belvédère indiqué, le soleil est brûlant, mais le panorama est époustouflant. Pour ne pas être monté pour rien, on tente de descendre entre les cultures jusqu’à la rivière glacée. Vraiment glacée. C’est A « douche à l’eau froide » lui-même qui l’a dit!

On retourne dans le centre à la recherche d’un restaurant chaleureux, pour se décongeler les pieds, c’est là qu’on tombe sur l’alliance française. Pour la deuxième fois depuis qu’on est en Amérique latine, on peut constater leur présence et leur travail pour la diffusion de la culture française. On croise un gars français et dynamique qui nous présente une star de la chanson péruvienne. Un total inconnu pour nous. Coup de chance à nouveau après Antigua, c’est la semaine de la fête de la musique ici aussi, et le concert a lieu ce soir avec l’orchestre philharmonique d’Arequipa, « on y sera » lui jette-t-ton avec le ton confiant du compatriote.
Dans la même rue, s’enchaîne une ribambelle de restaurants tous aussi attrayants les uns que les autres. On se retrouve à nouveau dans un patio partagé. On est jamais sûr ici du restaurant qu’on a choisi, jusqu’à avoir le menu entre les mains. En tout cas on s’est régalé. T a pris un Carpaccio de poisson mariné dans un duo de sauces… un truc extraordinaire ! Les desserts par contre pas tip-top.
Pour digérer tout ça, quoi de mieux que le musée de l’alpaga? Les enfants peuvent donner à manger aux lamas et vigognes. Découvrir qu’on doit l’exploitation et l’exportation des laines depuis les années 30 à un Gallois visionnaire; que les dromadaires sont des cousins éloignées des vigognes qui ont traversé le détroit de Bering en direction de l’Asie, puis du Moyen-Orient et de l’Afrique. On peut également admirer deux tisseurs traditionnels « en action. ». Cela demande une patience et une précision dont je serai incapable, je pense que je n’arriverai pas à terminer un torchon de cuisine, torchon en vigogne véritable, il y a des clients pour ça ?




On repart le soir assister à ce concert en plein air. L’orchestre qui assure la première partie joue devant un public majoritairement féminin, pas totalement acquis. Les enfants non plus ne montrent pas de passion démesurée pour la musique classique. C’est une corde (de violon) qu’ils n’auront pas à leur arc, dommage ! On tente d’apprécier le moment, mais ce n’est pas simple quand les loulous manifestent leur ennui. Quand arrive enfin la star, le crooner péruvien de cette après-midi. D’un coup, une jungle de téléphones se dresse pour filmer. À vrai dire il chante bien, il a une certaine classe. Bien qu’on ne connaisse aucune des chansons, c’est vraiment sympa. Merci l’alliance! Par contre je me permets de me demander en quoi la production de ces artistes locaux contribue au rayonnement de la culture française, je dis ça …