On va prolonger notre séjour à Lima, non pas qu’on aime le brouillard, mais pour voir un peu les environs. Alors qu’on prépare les sacs, on entend un bruit sourd, on voit des ondes à la surface des verres comme dans Jurassic Park, et on sent que tout tremble. On comprend assez vite qu’il s’agit d’un séisme, et on court se mettre en sécurité, en espérant que ça ne dure pas, et qu’on puisse revoir le soleil un jour. Ca s’arrête. Fébriles, on termine les sacs et on descend sans traîner, en tentant de rassurer les enfants. On voit quand même quelques vitres cassées dans la rue. 5,6 sur l’échelle de Richter, même pas peur. Mais n’en parlons plus.
On prend le taxi vers la gare routière. En parlant avec le conducteur, je comprends qu’il n’est pas d’ici. Il vient du Venezuela, et me dit qu’il n’a pas vu ses enfants depuis un an autrement que sur son téléphone. Nous passons quatre mois tous les quatre. Une histoire difficile. En partant, je ne peux que lui souhaiter qu’ils puissent le rejoindre bientôt. Avec la course à trois euros …
On arrive à la gare routière, flambant neuve, personnel courtois et en uniforme, une bulle. Le bus est ultra-confort, avec de larges sièges inclinables, repose-pied … et écran. Les enfants veulent rester dans le bus jusqu’à fin août. Malgré l’éternel grisaille, après être enfin sorti de Lima l’interminable, une des plus grande ville construite dans le désert après Le Caire. Et ouais. La route partage le paysage en deux : sur votre gauche Mesdames et Messieurs, des usines grises, puis de hautes dunes marron. On se demande comment certaines maisons s’accrochent à une pente de sable si raide. A droite, des favelas, puis l’océan, gris jusqu’à l’infini. La campagne électorale pour 2026 a déjà démarré; ici, pas d’affiche, mais des noms de candidats peints sur les murs. Plus compliqué à arracher qu’une affiche du RN ou de LFI ….







Après trois heures de route, le car nous dépose quelque part dans le désert, sur une route qui semble arriver de nulle part, et ne mener…nulle part. Ambiance Bagdad café. Regardez capitaine, l’océan !

Paracas est un village de pêcheurs, coincé entre le désert et un bout d’océan, abrité par une presqu’île. C’est le point de départ pour de nombreuses excursions en bateau. On marche quelques minutes le long de cette route ventée, toute droit tirée d’un western, sans fin ni nom, et on arrive à notre hôtel. Aspect extérieur plutôt modeste, budget contrôlé, la chambre est quand même correcte.
On va faire un tour sur la promenade, le long de la mer, l’ennui des vendeurs de souvenirs, le temps gris, et les terrasses vides, donnent une impression de tristesse, avec néanmoins le charme mélancolique de la station balnéaire hors saison. Je trouve.


Terrain de foot et ballon. L’équation est simple à résoudre, et on se doit de commencer à jouer à trois, alors qu’une niña de moins de deux ans essaye de rentrer dans le jeu. Un gamin arrive avec son T-shirt du PSG, ce qui me permet de retourner sur le banc, et de discuter avec son oncle, sans les mains ni grimace, puisqu’il parle anglais !
On est presque seul sur la promenade, à chaque terrasse, les serveurs nous sautent dessus avec leur sourire faux et leur menu, mais on reste sur la recommandation de l’hôtel, pour un délicieux poisson grillé face à la mer. Tarif: 15 € par personne avec le vin! Notre présence joyeuse a ramené de nouveaux clients, la terrasse est désormais bondée lorsqu’on se lève, repus.
On rentre vers l’hôtel, les rues sont toujours presque désertes, on entend de la musique un peu forte ici et là, des chiens errants, et des scooters dans les rues sableuses, entre les hostels et les restaurants fermés. Mais chez nous, il y a un billard au rez-de-chaussée … à nouveau impossible d’y couper ! Les enfants sont tellement contents de jouer, ça fait plaisir. Et sans même déchirer le tapis! On monte se coucher, la musique qui provient de la maison juste en face est super forte et surtout très nulle. On s’endort avec l’impression d’être à la boîte du camping. Nuit pas facile en perspective ….