On se réveille, dans ce grand appart’, tout confort et sans charme, sans terrasse ni hamac, ni singe hurleur de bonne heure. Juste un gardien au rez-de-chaussée, payé pour être cordial et regarder les écrans de sécurité. Ou son téléphone.
On décide d’aller voir le centre historique et la place d’armes, ça nous rappellera un peu Antigua. Cela prend 30 minutes et 3 euro en taxi, dans une circulation chaotique, et une pollution pas cauchemardesques mais presque.

Les maisons semblent aussi grises que le ciel, on se croirait à Paris en janvier. Le chauffeur lui est très sympa, il se marre généreusement à ses propres blagues (car les miennes ne passent pas bien apparemment), et se moque gentiment des policiers d’ici., payés à regarder les passants. Rassurant. Il nous dépose à proximité de la place d’armes, celle-ci étant fermée à la circulation. La peur d’une révolution? Elle est un peu plus colorée que le reste de la ville, quatre fois plus grande que celle d’Antigua, mais n’a pas son charme malheureusement.

Sans demander ses avis à Google, on entre un peu au hasard dans un vieux restaurant du quartier, qui a tous les traits d’une institution, avec ses vieilles tables en bois, ses affiches de corridas espagnoles, et son bar en bois. C’est Cordano, un peu le Katz de Lima. Les clients semblent être principalement des habitués du lieu, que ce soit une tablée de vieux amis ou des collègues en tailleur ou costume. Je ne peux m’empêcher de prendre un ceviche, choix sans risque ici, que j’ai avalé comme un cormoran- c’était absolument royal. T, plus audacieuse a tenté le bœuf saltado (sauté) aux oignons, qui valait aussi le détour bien qu’un peu salé. Pas autant que l’addition.



On se balade un peu dans le quartier, on aperçoit les maisons colorées d’un « quartier très modeste » qui grappille aussi haut que possible les flancs d’une colline au loin. C’est à peu près le seul endroit où on a vu de la couleur aujourd’hui. Cachez ces favélas que je ne saurai voir.

On quitte le centre touristique, propre, piétonnier et sécurisé pour aller au marché. On change aussitôt d’ambiance, on retrouve la circulation, les vieux autobus, les motos, le bruit, la pollution… bref la ville. On entre dans le gigantesque marché, où l’on trouve des fruits et légumes que l’on n’a jamais vu en Europe. Il y a un stand juste avec des avocats. 7 types d’avocats. Pour avoir testé certains, ils sont tous incroyables. Quand je repense à ceux qu’on trouve chez nous ….
À vrai dire, la situation au Moyen Orient est assez préoccupante ce jour là, et on préfère rentrer à la maison préparer le dîner. Sans trop de surprise, ça ne semble pas trop préoccuper les gens ici. Alors pourquoi tant de passion en Occident pour un conflit qui ne concerne presque personne?