Après seulement deux jours dans cette splendide cabane, cachée dans la jungle paradisiaque, il est déjà l’heure de refaire les valises. On se fait un bon petit-déj’ sur cette terrasse bohème qui sent bon le Ilan Ilan, un arbre d’aspect très quelconque mais dont les petites fleurs jaunes et plutôt mignonnes, diffusent un parfum envoûtant. On apprend à Luis la signification du mot Ilan en hébreu, ce qui semble le combler de bonheur jusqu’à la fin de la journée. Il fait aussitôt le tour de tous les balais de la maison et se met à gesticuler pour essayer de nous décrocher une fleur, oubliant son âge. C’est finalement un travail coordonné d’équipe qui nous permettra de faire tomber deux précieuses fleurs pour Madame, avec le sourire fier du cueilleur.





On quitte la cabane un peu tristes quand même, on fait nos adieux à Luis, comme si on se connaissait depuis 2010, et c’est parti pour 2h10 de trajet en musique.
On s’arrête à côté d’un grand pont, qui enjambe une rivière très boueuse, mais sur lequel des dizaines de touristes s’agglutinent. Sans être Sherlock Holmes, on se dit qu’il y a peut-être un truc à voir. Bêtement, on s’arrête aussi. Quelques crocodiles sont postés ici et là sous le pont, en pleine digestion du dernier touriste trop aventureux. Immobile, ce gros lézard est la version amphibien du paresseux. Il n’a même pas évolué depuis la préhistoire, c’est dire …

On reprend la route et on se dit que ce déjeuner sera notre dernière chance pour goûter pollolandia, sorte de KFC national qu’on trouve sur le bord des routes. L’axe est assez passant, et on s’installe logiquement sur la terrasse bruyante, histoire de vivre l’expérience complète. On ne s’attendait pas à de la grande gastronomie, mais pas non plus à un poulet aussi bon et tendre ! Pour quelques euros, c’est largement mieux qu’un McDo.
On rend la voiture, on fait le tour avec le loueur et cette once de stress habituelle, vu le nombre de chemins de pierres qu’on a emprunté, qui n’étaient pas couverts par l’assurance. Relax, tout va bien, mais il faudra que j’en parle à mon petit caillou.
Vol de trois heures qui nous permet de travailler un peu, de lire, d’écrire … et nous amène au fantasmagoriques Pérou ! Pas facile de passer des singes à tête blanche et crabes aux pinces rouges, à une mégalopole sans couleur de 10 millions d’habitants. Lima …. c’est pas le Pérou. L’aéroport est extrêmement moderne – il a été inauguré, il y a juste 12 jours ! On a l’impression de faire partie du G4. Dès qu’on sort de l’aéroport, la délicieuse et fraîche odeur de l’océan nous caresse gentiment les naseaux, comme une invitation à un ceviche. Notre conducteur est très impatient, il alterne le klaxon et les appels de phares à toute voiture qui oserait se trouver à moins de 100m devant lui. Impression de G4 à nouveau …. Le genre insupportable sur l’autoroute. Alors en ville..
On longe l’océan et on distingue les puissants rouleaux s’abattre sur la plage, la fraîcheur de l’air est tellement agréable après ces semaines de chaleur moite des tropiques. On traverse différents quartiers, certaines avenues peuvent rappeler un peu Buenos Aires ou Tel-Aviv. On arrive à notre immeuble. On doit présenter notre passeport pour pouvoir rentrer. Apparemment c’est la loi ici pour les touristes étrangers. L’appartement est spacieux, confortable, mais froid, situé au 18e étage d’une tour. On est déjà tellement loin de la cabane en bois et de la douche dans le jardin ….
