Deux héros

On commence à sentir le Costa Rica se tirer déjà. On planifie les derniers jours et on a décidé de prolonger Samara d’une journée tant l’ambiance nous plait. C’est aussi que le volcan Poas semble chauffer un peu trop et est donc fermé au public. D’autant que le Fuego, à côté d’Antigua, est lui entré en éruption – environ 3 semaines après notre passage.

Un peu de surf aux aurores, les vagues sont idéales, je kiffe comme un skieur débutant qui ne tombe plus sur piste verte. Balade sur la plage l’après-midi. Toutes les journée ne peuvent pas être trépidantes non plus, mais cette routine, sans faire de nous des héros, nous va parfaitement.

Il y a 2 cages de foot aménagées à l’extrémité de la plage, quelques gamins tapent le ballon. J ne peut s’empêcher de s’approcher, son amour du foot étant plus fort que sa fausse timidité de surface. Il commence à jouer quand un des papas, grand blond qui ne peut pas être d’ici approche avec une bière à la main. J’espère juste qu’il ne va pas nous proposer de rentrer dans le match … 

C’est un Suisse, enseignant de profession, qui habite ici depuis 2 ans. Son fils ne fait pas que du foot sur la plage. Il va aussi à l’école américaine (comme son père). Il me raconte qu’avant de s’installer ici, ils ont fait un périple de 5 ans sans enfant, à enseigner notamment à des gamins qui vivaient dans la rue au Pérou. Il leur apprenait quelques rudiments d’anglais et à bricoler des objets pour pouvoir ensuite les vendre, avant qu’ils ne repartent en fin de journée pour la nuit. À nouveau dans la rue. Quelles sont les chances de s’en sortir quand on grandit dans la rue? Dans un pays où il n’y a apparemment pas de structure pour accueillir les orphelins. Difficile de rester insensible à de tels sorts. J’éprouve un respect infini pour ceux qui donnent de leur temps, voire tout leur temps comme Alan, pour aider ceux qui ont eu moins de chance au départ. Ce ne sont pas des Robin des bois, mais plutôt des tuteurs. Une vie aussi inspirante pour moi, qu’enrichissante pour eux j’imagine, et qui m’interroge …. Quand d’autres ne pensent qu’à prendre des ronds à d’autres. Ou pire, dans la famille des hypocrites, ceux qui voudraient se faire passer pour des Robin mais sont en fait les pires tyrans démago à peine masqués, jaloux et surtout avides de pouvoir. Un indice, c’est un parti politique français en 3 lettres qui termine avec un I comme imbécile. Bravo si vous avez trouvé mais surtout bravo Alan!

Pour notre dernier soir à Samara, il y a un désir certain chez certains de faire un restaurant. Soit. On s’arrête sur un restaurant-épicerie avec un menu qui convient à tout le monde. La télé diffuse une émission des plus culturelles, qui passerait bien sur TF1 ou C8. Un couple est face à un type, et ils semblent tenter de régler un différend. Lui fait 4 têtes de plus qu’elle et 67 kg de moins. Laurel et Hardy sud-américains. Je crois comprendre que ça porte sur un texto envoyé.. même en faisant la vaisselle je ne regarde pas ça. Par contre c’est plutôt amusant d’essayer d’interpréter sans le son une émission qu’on ne connaît pas. On regarde les expressions des protagonistes, les regards de l’animatrice, les visages dans le public… On retrouve un peu toujours les même codes dans ces émissions d’un pays à l’autre ..

Le plat arrive enfin! J’ai choisi un poulet à la sauce caribéenne, sans trop savoir ce que ce serait. Woaaww !! La meilleure sauce que j’aie pu goûter, onctueuse et parfumée de mille saveurs, un truc aussi surprenant qu’inespéré, tellement au-dessus de mes attentes. Hâte d’essayer de la reproduire. Alors que j’étais un peu entré à reculons, je repars en félicitant le chef, l’autre héros du jour, et avec la recette dans la poche ….

Bye Samara by night

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