On est réveillé par un orage et une pluie diluvienne. Avec cette pluie, on va peut-être pas rester, d’autant que les prévisions ne sont pas trop optimistes. On en profite pour essayer d’avancer sur le dossier pour le collège. J’enfile mon T-shirt le plus parisien, et je passe au supermarché à côté, je prends un peu plus que nécessaire, et à la caisse, avec mon meilleur espagnol sous le bras, j’essaye d’expliquer la situation muy importante et je demande à la responsable si je peux imprimer 4 feuilles. Elle me dit que no puedo, alors que j’ai bien vu l’imprimante grosse comme une planche de surf trôner juste derrière elle. Pas très pura ça … (j’aurais changé une lettre)
Après tant d’efforts déployés, je profite de l’accalmie dans la pluie, pour aller caresser les vagues avec ma planche. Alors que je discute avec Mariano qui n’a pas bu que du jus de mangue hier soir à juger par la couleur de ses yeux, on entend que ça bouge dans les tentes derrière lui. Chute de noix de coco ou bagarre entre un paresseux et un iguane? En fait une baston entre 2 types des tentes. Ça semble pas trop rigoler. On voit juste des jambes dépasser de la tente, se débattre. Tous les gonzes accourent pour voir le spectacle, Mariano va jeter un « œil » pour voir qui c’est et revient embarrassé par la scène. Ça se balance encore des tables en bois dans la tête alors qu’il me confie que certains prennent des trucs qui peuvent leur monter au cerveau … sérieux ?? « Pas pura vida ça » dit-il gêné. « Vida » je lui réponds …. On ira surfer un peu avec A mais c’est vrai que ça refroidit un peu l’ambiance d’un coup. Apparemment c’est rasta avec l’œil de verre qui a remporté le combat, mais il a quand même le dos méchamment laceré.
Pendant ce temps, T a réussi à imprimer le dossier pour le collège. Je ne sais pas comment on dit chapeau en espagnol donc je vais dire bravo. Toute cette administration parait si loin … je pense que le boomerang fera d’autant plus mal au retour.
Après le déjeuner, on sent qu’on a besoin d’un peu de calme après cette matinée agitée. Quelques minutes de voiture plus tard on se retrouve sur la plage de Carillo, qui ferait passer Samara pour Las Vegas. Une longue plage sans une serviette, ni un restaurant ou même une cabane. Le décor est à couper le souffle, on va se baigner dans l’irréel, en attendant le coucher de soleil au-dessus des cocotiers.
Les plages d’ici ….




Le soir, on va se prendre un verre dans un gentil bar qui doit faire la taille d’une salle de bain, et propose une vingtaine de bières locales à la pression. Belle deco chabi chic. Mais une américaine plus rouge que les yeux de Mariano joue de la guitare plus mal qu’une planche de surf et chante … bref c’est pas vraiment un talent, mais très gentille au demeurant. Pas tout à fait du goût de la barman non plus qui regrette de l’avoir embaucher pour la soirée – elle profite de chaque pause entre les chansons pour monter un peu plus le volume de la radio afin de couvrir la voix du pauvre homard à la guitare. Donc on s’est retrouvé avec « le chant pour les nuls » dans l’oreille droite, et de la musique électronique dans l’oreille gauche. Ça aurait pu faire une fusion intéressante .. mais le hasard fait parfois mal les choses, et ça a donné une sauce cacophonique indigeste. On a bien rigolé mais on a préféré rentrer.

