On se réveille dans cette maison, un peu vieillotte, mais si charmante. J’allais préparer un café, mais… Pas de café ! Au Costa Rica! La DGHS a des standards et refuse le café vendu au supermarché à côté, qui est probablement meilleur que n’importe quel café trouvé dans le Marais. Je pars donc à la recherche du breuvage dans les rues encore calme de Samara. Pas facile hors saison et avant 8h. Je passe devant le splendide terrain de foot au moment de la tonte du terrain par un rasta. Hauteur du bonnet – 40 cm. Il prend ça très au sérieux, et c’est plus un art de vivre qu’un boulot en soi. Doucement le matin.
J’arrive à une boutique de surfeurs qui profite pour vendre quelques beaux paquets de café pour les surfeurs-baroudeurs-connectés. Et fortunés. Le type est sympa, on discute entre surfeur, je ressors fièrement avec mon paquet de café sous le bras. La tonte n’a pas avancé tant que ça. J’arrive à la maison, je branche la cafetière, ouvre le paquet et mierda!! il n’est pas moulu! J’ai une soudaine envie de casser une planche ! Il a cru que je voyageais avec mon moulin? Mais quand on a pas de chance, on a des jambes. Le gazon? Je commence à me demander s’il ne repousse pas plus vite que le rasta ne le tond.
Entre surfer on s’entraide. Il me file un paquet de café, moulu cette fois, avec le sourire d’un surfer devant une planche bien wax. À mon 4e passage, le gazon est à peu près au même stade qu’au premier passage, mais on va pouvoir se prendre notre café sur la terrasse !

On avait bien fait comprendre à l’école de surf qu’arriver sur la plage à 8h était exclu pour nous. On se pointe à 9h30 relax, alors que Mariano et l’alcoolo, dont le planning de cours ne semble pas déborder, affinent leurs pronostics quant à notre heure d’arrivée, voire même notre probabilité d’arriver, vu leur sourire et leur accueil lorsqu’ils nous ont vu débarquer. C’est la faute du café.
Équipement, règles de sécurité, comment se lever, Mariano passe 20 minutes sur la plage, plus ou moins à l’ombre mais complémentèrent dans la chaleur, à nous faire la théorie. Nous avons juste hâte d’aller démonter les vagues, qui le sont déjà en fait. À moins que ne soient elles qui nous démontent …On commence par 10 minutes de marche sur la plage, en portant les planches – on essaye d’avoir l’air cool mais on arrive épuisés. On se met enfin à l’eau et chacun notre tour, on tente de se lever de la planche. Le premier essai est le bon, j’arrive à rester debout, fléchis, abdos serrés, sourire hollywoodien. Applaudissements nourris de toute la famille, standing ovation des vacanciers sur la plage mais je n’entends rien, je reste sourire et focus souple jusqu’au sable ! Pura vidaaaaaaa!! J’évite de lâcher le salto, ce serait trop pour tous ceux qui galèrent, donc je saute fièrement dans l’eau et me casse la gueule dans les 30 cm de profondeur. Couper ! Couper !
Puis on enchaîne les tentatives, plus ou moins heureuses, A s’en sort plutôt pas mal du tout. On se marre, on s’éclate (la gueule dans l’eau ou direct sur la planche), c’est un très bon moment ! Mais quand même assez fatigant.
Prétextant que les vagues se faisaient trop fortes, Marciano décide d’arrêter un peu plus tôt. C’est surtout qu’il était fatigué, je pense, mais nous aussi en fait. On ramène les planches, heureux.
Le surf est un sport de patience et d’opportunisme. On attend la vague, allongé sur la planche comme un chat attend sa proie, tapis dans les herbes. Des fois on attrape la vague. Et des fois on reste dans les algues …On essaye un peu le body board, plus facile mais rigolo aussi. On rentre déjeuner, presque épuisés.

L’après-midi, on entend de la musique venant de la plage. Des petits groupes jouent dans les bars de plage dans une ambiance très détendue. C’est comme ça les vendredis après-midi ici. Très pura vida en somme.
J’irais bien rider un peu mais il n’y aucune planche, Mariano a disparu. Il est parti avec le cash au Panama, laissant les planches derrière lui ….. un (autre) rasta de plage, avec un œil de verre me dit qu’il a fermé un peu plus tôt aujourd’hui. Il est 15h dude ….
Je fais quelques photos du site toujours magnifique, et on décide de se faire un apéro sur la plage. Les enfants jouent dans les vagues, on apprécie une bière, des fromages et du guacamole. Pura Shabat !!




