6:10. Cool je vais pouvoir écrire et nager. C’est ça mes kiffs aujourd’hui…
7h30, je suis au bord du Rio Dulce, dans la chaleur humide du matin, me balançant sur un hamac multicolore, face au pont qui enjambe le fleuve. Emprunté aussi bien par les piétons, les Tuktuk, les voitures, les énormes camions de marchandises, que les pick-up chargés d’employés qui vont travailler. Les camions font un vacarme de Motörhead à la montée, à toute heure du jour et de la nuit. Je ne sais pas si c’est le moteur, ou les Caraïbes qui les empêche d’aller plus vite, mais d’ici, ils semblent rouler au ralenti, on n’est jamais sûr qu’ils vont pouvoir atteindre le sommet. Spectacle matinal fascinant! La proximité de la mer, le fleuve et le grand axe Routier placent la ville de Rio Dulce à la croisée de plusieurs mondes. L’autre partie du tableau, ce sont les petits bateaux et les lanchas, qui s’activent, pendant que les gros yachts au nom de fiers ports américains ronflent encore, paisiblement, au gré des flots, sans trop s’inquiéter. Ils semblent commencer à prendre racine dans la mangrove de la marina. Pas si mal comme retraite.


Puis c’est déjà le pénible rituel des valises de la famille nomade. Je ne me plains vraiment pas en disant ça ! C’est juste une très bonne école.
On quitte notre chère petite cabane dans la forêt avec regret, on charge nos malles sur la lancha et vamos. Arrivés sur la terre ferme, les sept minutes de marche annoncées depuis le pont jusqu’au point de départ du bus se transforment scandaleusement en 20 minutes de calvaire entre les camions et les tienda, dans un vacarme, une chaleur, et une pollution infernale, à traîner nos lourdes valises sur les trottoirs irréguliers et les grilles en métal où les roues des valise se coincent inévitablement. On arrive à la gare du bus comme si on avait nagé habillé depuis Livingstone. Un grand bravo aux enfants! On croise quelques français bruyants et d’autres touristes que la chaleur ne semble pas accabler.
C’est un bus de musée, au tissus déchirés et au cuir d’un autre âge qui va nous mener vers notre prochaine destination. À nous d’être sur le pont cette fois, un dernier coup d’œil à ce fleuve magnifique vu d’en haut….

Mais la clim lâche lâchement et on doit changer de bus. En cinq heures de route, les paysages s’enchaînent, on traverse les villages, on voyage! Les derniers kilomètres sont arides et montagneux. Avec Ennio Morricone dans les oreilles, je mordille mon cigarillo tel Clint dans son pancho.

Dernier passage dans les bouchons de Guatemala city. On commence à se familiariser avec cette ville, la comprendre un peu mieux. On traverse quelques quartiers qui ne ressemblent plus forcément à des coupe-gorge après 2 semaines ici. En résumé, le Guatemala restera dans nos cœurs! Des endroits magnifiques, une nature époustouflante, des gens adorables, toujours souriants, avec des traditions fortes, presque exclusivement des descendants des peuples Mayas. On reviendra j’espère!
On est déposé à une station-service et il ne reste qu’un dernier taxi pour aller jusqu’à l’aéroport, Israel est notre chauffeur sympathique. Il parle anglais, il a été aux US, il nous pose plein de questions sur notre voyage et sur la France, qui nous paraît si loin …..