Dernier réveil au son des oiseaux de la jungle. Il n’est pas six heures, le ballet matinal de la nature est déjà démarré. Été comme hiver, ils s’affairent. En même temps ils n’ont que ça à faire. Tout le monde dort dans la hutte, je file à la piscine. Pas d’horaire, pas de maître nageur, pas de sécurité enfants, juste une piscine au milieu de la jungle, le meilleur réveille-matin au monde. Mais les petits oiseaux jaunes m’attendent de bec ferme, et leur nuit de sommeil n’a pas atténué leur agressivité. Je nage tel un croco, un œil hors de l’eau, guettant le moindre danger venu du ciel. Heureusement pour moi, pas de kamikaze ce matin. Dernier petit-déj’ Maya, un régal. Je décide de poursuivre sur ma lancée de photographe de rue de la veille, et je demande gentiment à l’équipe s’ils veulent être sur une photo. Ils acceptent avec plaisir comme si je leur proposais une carte verte. Comme hier, une photo sérieuse, suivie d’une photo un poco loca. On se quitte comme les meilleurs amis, le sourire jusqu’au aux oreilles, du bonheur plein le cœur.


On refait le trajet d’une heure et demie dans la jungle, ponctué de petits villages, joyeux, colorés et amicaux. Dans chaque village, on retrouve son église, son terrain de foot, et ses vendeurs de fruits et de tortillas préparés au feu de bois. On arrive à la gare routière de Florès. Située sur une grande avenue tirée d’un décor de western. Mes godillots gardent la trace des cités Maya et s’accordent sans mal avec cette avenue poussiéreuse. À côté du hall d’attente, un ancien hangar d’avion, reconverti en espace pour restaurants et guichets de lignes routières. Bon c’est pas Grand Central quand même. Une grand-mère et son petit-fils de 20 ans se chamaillent comme deux ados un peu éméchés. La télé diffuse une émission d’une chaîne américaine sur le trafic d’organes, avec photos documentaires en noir et blanc à l’appui. Exactement ce qu’il faut à J avant le déjeuner. D’où vient cet intérêt de certains pour ce genre de programme ? Quel mécanisme dans le cerveau? Je n’ai pas de réponse donc je vous montre Florès à la place:



On monte dans le bus. Il roule au pas dans Florès, semble être dans une procession. La route alterne ensuite les paysages splendides verdoyants, des prairies, des forêts, des villages et des palmeraies. Puis encore des prairies… vous avez compris quoi.








Le bus nous dépose à Rio Dulce, petite ville bruyante posée sur le bord d’un large fleuve du même nom, mais paisible lui. Il fait très chaud et humide. Et on entend enfin de la musique dans la rue!! Bienvenue aux Caraïbes!!
C’est Angel qui vient nous chercher en lancha et nous mène à notre petit chalet au milieu de la mangrove derrière une marina tenue par un Texan sympa. Il y a des hamacs partout ici, et les gens semblent encore moins nerveux qu’à Tikal, puisqu’il y a même pas le danger des jaguars. Juste des crocos par endroit.
Je pars seul, comme pour un duel final de Pekin Express, faire les courses en Tuktuq et je ramène de quoi faire l’apéro sur la piscine. Je reçois la reconnaissance éternelle de Madame, soit une amulette d’une valeur de 10.000€. La cuisine est sur la terrasse, ce qui n’est pas désagréable, sauf quand il fait 30 degrés à 22h….