On quitte cette superbe maison, où l’on a passé trois super nuits (sur quatre). Toujours un peu difficile de laisser un si bel endroit, qui a été notre chez nous pendant quelques jours. Et très difficile d’essayer de fermer les valises, qui sont de plus en plus remplies à mesure qu’on voyage et qu’on achète des bêtises à droite à gauche. Et comme on a rien à faire jusqu’à 16 heures, on va s’acheter des bêtises Maya en souvenir.
On fait une dernière balade le long du lac. Les bateaux ondulent devant la berge, en attendant la prochaine saison touristique. Quelques baroudeurs se sont installés, entre le terrain de basket et le lac, à l’écart des échoppes à touristes. De très grandes pierres plates et cylindriques d’environ 3 m. de diamètre, gravées, sont posées face au lac. Utilisées lors de rites Maya. Intrigué, je me tiens devant les cendres. J’aurais aimé assister à une cérémonie …






On mange dans un restaurant à touristes avec vue panoramique sur le lac. Il est très mal noté, mais il nous semble le moins mauvais. Et il y a même des toilettes ! Avec du savon !! Le serveur dépose les couverts comme des feuilles d’or sur une sculpture dans le jardin de l’Élysée. Mais le reste prend des heures. Au final, le déjeuner sera lent mais très bon.
On rentre, on récupère les valises et rebelotte le van avec les valises sur le toit. Cette fois-ci, la dernière arrivée semblait être une guide touristique. Face a l’ambiance un peu trop calme à son goût dans le bus, et craignant que le chauffeur ne s’endorme, elle met de la salsa, et se met à danser pour tout le bus. Esssssssooo ! Même le chauffeur commence à bouger un peu. On ne sait plus si le bus s’incline à cause des virages ou de ses déhanchés….
Cinq minutes après la pause traditionnelle dans une station service sans intérêt, il s’arrête à nouveau et nous demande de sortir. On est moyen Maya rassuré, on lui dit qu’on était pas au courant, et qu’on le refera plus, avec les mains en l’air, et la peur dans les yeux. Il nous fait monter dans une voiture rouge avec le pare-brise bien entamé, et le siège conducteur lasséré, je ne connais pas ce monsieur moi! Et il nous prend en photo pour envoyer à un parrain. Ces petites surprises font partie de l’aventure. Il conduit très bien ceci dit, on est un peu rassuré.
Il nous dépose à la gare routière de Guatemala City. L’arrière cave du sous-sol qu’on accède par le parking de la maison déglinguée. Sans surprise l’endroit n’est pas reluisant. Le chauffeur nous prend une dernière fois en photo. Il n’est plus responsable de nous. On a vu le quartier par la fenêtre de la voiture, on regarde la gare routière, on se regarde … avec nos enfants de 9 et 11 ans qui parlent 3 mots d’espagnol à eux deux, et nos têtes de blancos, on se dit qu’on aurait mieux fait d’aller au Lac Leman, ou de rester au lac Atitlan chez les Mayas ! On reste groupé, en mode bataillon de CRS, les yeux partout.

Las gentes – plus de tenue traditionnelle ici, comme dans toute grande ville, il y a plus de brassage. Les gens sont donc moins typés, laissant leurs traditions derrière eux. On croise des gens de passages avec leur histoire, et leur destination. Ou des touristes aventureux. Une gare en somme. Il y aurait de quoi écrire un roman. De gare. Ou sur la gare. Idée de plus à creuser …Une femme seule, la soixantaine, avec un grand sac Disney rose rempli de vêtements, en tongue et bronzée. Elle cherche un accessoire pour son téléphone. Ou de la monnaie. On peut lui imaginer une histoire.. Un costaud qui a la tête d’un échappé d’Alcatraz, il a enlevé son t shirt (et probablement des enfants), mais ce soir, il se tient à carreau car il est accompagné de son cowboy de père. Ça veut dire qu’il a un chapeau et une moustache. On a aussi monsieur pipi de la gare routière de Guatemala City, ça, c’est un titre qui ouvre les portes sur un CV! Au moins ils ne sont pas machos. Le livreur Amazon version Guatemala, il charge dans le bus ce qu’on lui remet au guichet, ça peut être des fleurs comme des cartons, voire des gros paquets, emballés dans une nappe.
Ça empeste le gazole au point que rester en apnée est plus sûr. Jusqu’à ce qu’on trouve la salle d’attente. fraîche, avec des sièges, sales, des prises, qui marchent, et un vigile, certes moins costaud qu’un conducteur de van ici. On commence un jeu de cartes compliqué. Avec la chance du débutant, je peux ne pas terminer dernier.
Ça y est! On peut enfin entrer dans le bus. Il est tout confort avec sièges largement inclinables, toilettes, frigo, rideau entre les sièges. Pour un trajet de sept heures, c’est une excellente option! Je me risque à glisser un œil vers l’extérieur entre les rideaux. Les rues sont désertes, pas une terrasse, pas un couple qui s’enlace, pas même un chien qui pisse. Je constate aussi que toutes les fenêtres ont des barreaux.
On roule.
Sans surprise je me réveille tôt. Très tôt. Mais j’en profite pour écrire et regarder l’aube sur la jungle. On arrive à la petite ville de Florès vers six heures. On prend un dernier shuttle de 1h30 environ qui nous conduit au cœur de la jungle.




Il y a trois hôtels à l’entrée du site, on a pris celui avec piscine pour faire plaisir aux enfants. La joie dans leurs yeux à la surprise de voir une piscine vaut tout l’ot des Incas. L’hôtel est comme on dirait dans son jus. De papaye. Avec paille. Où que j’aille (S. Gainsbourg). Il n’y a pas eu de réfaction depuis 1960 et ça fait un peu vieille pension familiale, certes tenue avec soin. On ne serait pas surpris de voir débarquer Tintin et le capitaine Haddock. Contre toute attente, le réceptionniste parle un anglais parfait. Oublier pour le reste de l’équipe, mais le sourire et la sérénité ambiante compensent sans problème. On déjeune à la carte, dans un petit livret plastifié qui date sans doute de la création de l’hôtel, sinon des pyramides. Le délicieux petit déjeuner maya avec plantain et frijoles est accompagné de fruits très frais, de jus d’orange tout aussi frais et de bon café. What else ?

On accède à notre hutte, face à la jungle. Toit en feuilles de palmiers, confort sommaire, mais amplement suffisant et parfait pour décompresser, non pas qu’on soit épuisés ou stressés non plus. On tente de se reposer mais les enfants n’en peuvent plus d’excitation pour la piscine. Allez, vous avez gagné et nous aussi. La piscine est entourée de hauts palmiers, de fleurs magnifiques, d’animaux curieux, et d’oiseaux aussi multicolores qu’agressifs, prêts à piquer du bec pour nous éloigner du nid. Après cette matinée paradisiaque, on enchaîne sur un bon déjeuner à la même table que ce matin, et on décide d’aller explorer la jungle environnante. Après quelques minutes, alors que le chemin devient plus étroit et la forêt plus dense, on entend des hurlements de bêtes sauvages.
On a bien vu le long de la route les panneaux indiquant singes, reptiles et félins mais je ne pensais pas les jaguars capables d’arriver si près de l’hôtel. J’explique les rudiments du combat à mains nues face à une bête féroce, mais je préfère rebrousser chemin malgré tout. On retrouve les employés du parc complètement sereins face à cette situation le danger imminent pour nous. Ils nous expliquent qu’il s’agit de singes hurleurs, aucune crainte à avoir. On rigole bien fort pour évacuer le stress et je dépose les enfants dans une piscine rassurante malgré les attaques répétées de ce petit oiseau jaune. On croise sur le parking un Combi Volkswagen de 1963, immatriculée dans la Drôme ! Presque aussi vieille que les volcans, ça mérite de s’arrêter. Je lance un bonjour et c’est un gentil couple avec leur fille qui font juste un tour de 11 mois ! Avec nos quatre mois je me sens petit joueur. Waouh ! Malheureusement on n’aura pas réussi à se croiser à nouveau, en tout cas aux Amériques …bonne route les amigos!passez voir leur insta:

Je repars à la balade en pensant à leur aventure, et avec l’espoir d’en voir un peu plus dans la forêt.. Le chant des oiseaux, l’ombre totale portée par cette végétation, abondante autant qu’effrayante par moment, cette solitude relative, créent de belles émotions primaires. Mais le lac n’est ni spectaculaire, ni rien du tout donc retour à la piscine. Excellent poisson au dîner, préparé dans le plus grand soin, et sans le moindre stress et pour finir cette longue journée, soirée écriture souriante dans l’obscurité de la jungle totale.