Après une nuit d’un sommeil réparateur, j’écris quelques lignes avant d’entamer notre 1e journée à Antigua. Il fait relativement beau malgré une légère brume qui flotte sur la ville, empêchant de voir les volcans qui l’entourent. On ne les verra d’ailleurs jamais car la saison des pluies approche. Tout nous semble tout de même beaucoup plus avenant que l’arrivée de la veille.
Comme à NY, les rues sont perpendiculaires et méthodiquement numérotées. Mais la comparaison s’arrête là. Dans leur majorité, les petites maisons colorées n’ont pas d’étage, et derrière la façade donnant sur la rue se cache souvent un patio ombragé avec petite fontaine et végétation, qui apportent une fraîcheur et rompent avec le côté très minéral de la rue: le revêtement de la chaussée est constitué de cailloux volcaniques saillants. Aussi charmant que bruyant au passage des voitures qui ne peuvent pas rouler trop vite. Hormis sur la place d’armes, il y n’y a aucune végétation dans le centre ville. Seules dépassent des toits quelques palmiers plantés dans les patios. Les cheminées, blanches et rectangulaires sont surmontées d’un dôme, rappelant un peu le style andalou, ainsi que les colonnes torsadées de certaines églises.










Je pars explorer le quartier pendant que la petite famille termine sa nuit. C’est un plaisir d’aller découvrir l’épicerie de la rue, on y trouve de beaux produits locaux, avocats, papaye, épices, tomates, et les arepas préparés à l’entrée de la tienda …


La communication n’est pas simple avec la vendeuse mais on y arrive. Pour le paiement – le patron a eu la brillante idée de lui installer un ordinateur mais la formation a dû être express; ou bien à l’auto école, rhooooo. J’ai eu l’impression de lui demander de débogguer un programme de la nasa. Au bout de quelques minutes de malaise, elle me sort un chiffre de son chapeau avec une fierté pas complètement certaine. Soit l’ordinateur n’était pas allumé, soit c’est juste donné !! Bon il faut dire qu’on débarque des US aussi ..
En bon citoyen eco-responsable, je refuse le sac en plastique et repars tout fier, avec un carton rempli pour le petit dej. Pas de croissants qui méritent mon attention à la boulangerie. Les avocats sont fondants. J’ai également acheté un wisky. Alors non, ce n’est pas pour mettre les céréales, mais une sorte de grosse courgette consanguine en forme de poire, qu’on appelle chayote en français. Je ne crois pas en avoir jamais vu, mais je comprends pourquoi les européens ont préféré ramener les courgettes et les tomates.
A défaut de gravir un volcan, on monte ce matin à Cerro de La Cruz. Une petite colline, facile d’accès qui permet d’avoir une vue dominante sur la ville. C’est un lieu de pèlerinage où les habitants viennent en famille avec les aînés. Comme sur tous les lieux touristiques, on trouve de nombreux vendeurs de souvenirs. À la descente on rencontre une dame qui travaille sur un panier en tiges de palmier. C’est absolument magnifique, on le voit déjà dans notre salon. On discute avec elle, mais elle ne se doute pas une seconde que ce serait pour le lui acheter. Pas plus qu’elle ne fixe de prix ni nous donne le temps qu’il lui faudra pour terminer son oeuvre. On la complimente et on repart incrédule, en repensant à l’ambiance des souks de Marrakech où le vendeur nous aurait suivi jusqu’à la maison en baissant le prix sans même qu’on le lui demande.


Sans même négocier, on mange pour 4€ dans un joli patio, un petit sandwich con pollo y una papa con chili. Bon et pas cher.
On commence à regarder les agences qui organisent des excursions vers les volcans. Sans qu’on ait pu comprendre pourquoi, pour exactement la même excursion, le prix peut passer du simple au quadruple. En mettant simplement en avant une dégustation de Chamallow grillées et un guide anglophone. Plus c’est gros … plus le client est bête. Pardon. Je vous laisse deviner qui on a choisi.
Après la corvée à la laverie, on s’octroie un délicieux expresso sur un banc de la place d’armes de la ville. Le balai des vendeuses de tissus traditionnels colorées, de magnets kitsch, et de coques de téléphone est un spectacle non stop autour de la fontaine de la fécondité.




On retrouve la place d’armes dans toutes les villes d’Amérique latine; créées par les Espagnols pour asseoir leur autorité sur les peuples indigènes, elles sont toutes basées sur le modèle de la place d’armes de Tenerife, première colonie espagnole d’une tristement longue série de villes coloniales. Elle est grande et carrée, généralement arborée et bordée d’arcades, entourée des principaux bâtiments officiels de la ville. C’est le centre du pouvoir et de la communauté.
Avant qu’il ne refroidisse, je reviens à ce délicieux café que j’accompagne d’une douceur à l’amende achetée dans une pâtisserie du quartier, où je rencontre un Américain retraité qui vit ici et pour qui la vie est bien meilleure qu’aux États-Unis actuellement. J’ajouterais surtout si t’as besoin de changer ta courroie de distribution ! Mais on a pas eu le temps de discuter plus que ça, j’allais pas laisser refroidir mon café laissé sur la place carrée!
Rentré à la maison, je prépare le maïs degotté le matin ; il est juste délicieux ! Puis on se met déjà en recherche de logement pour notre prochaine destination. C’est aussi ça la vie itinérante et connectée. Merci le wi-fi, l’iPad et Airbnb. Difficile d’imaginer la vie des baroudeurs avant l’an 2000. Probablement encore plus palpitante! On n’échappe pas avant de se coucher à une partie de kems avec les enfants. Ce rare moment de complicité entre eux, lorsqu’ils trichent grossièrement contre nous, est assez amusant, je dois dire. Ils nous ont explosé.
Dodo.