Aucun souvenir du taxi qui nous a emmené à l’aéroport, donc rien de plus à dire ici. Check-in manuel très rapide. Ce n’est pas Beauvais tout ça. Les vols de nuit, on croit toujours que c’est le bon plan au moment où on planifie « comme ça on pourra dormir, on arrive le matin, on économise la nuit d’hôtel, hop un café et c’est parti .. ». Dans la réalité, on dort super mal, et on a l’impression que le voisin dort bien car à chaque fois qu’on se réveille, on le voit ronfler avec la bouche ouverte. Et en arrivant les enfants nous disent pareil, énervés dès le matin.
On arrive frais comme un ceviche de la veille ramassé sur les pavés: à Miami. Et ce n’est pas pour faire ami-ami avec le type grossier qui met des casquettes rouges. On n’est plus à SF, on s’en rend vite compte. On croise quelques cubains, des hommes d’affaires ou des lobbyistes bronzés qui reviennent du golf de la mare, et des copines qui font des selfie. On se prend un bagel .. qui confirme que on n’est pas à NY non plus.
Deuxième vol plus court, on survole un Atoll et le turquoise de la mer des Caraïbes.

Puis des montagnes et de petits villages isolés. À mesure qu’on descend, on distingue de mieux en mieux les maisons, les voitures, la vie, et on commence à se faire une idée du pays. Ca semble un peu brouillon. Mais une fois au sol, ça ne ressemble jamais vraiment à ce qu’on a vu depuis le hublot. « C’était pas brouillon c’était très brouillon ».
Atterrissage au Guatemala. Ça commence par un terrain de foot quasiment sur les pistes d’atterrissage. Mais d’autres surprises attendent les gringos. On sort de l’avion, et il n’y a plus que 2 catégories très faciles à distinguer dans la file : les locaux, très mats de peau, typés amérindiens; une tête et demi plus haut, les « blancos », pour parler comme Manuel.
À la sortie de l’aéroport, le choc est rude, surtout quand on arrive des US. Mon ami N disait que c’était le Tiers Monde. Avant d’arriver j’avais trouvé son jugement un peu méprisant. Mais il n’était pas si loin de la réalité. On arrive à trouver notre taxi, et l’hallucination commence.
La conduite ici fait partie du folklore local, avec ses propres règles, je ne recommanderais pas de tenter la location de véhicules si vous n’avez pas d’expérience en territoire hostile. Ne cherchez pas le clignotant ça n’existe pas, pas plus que le casque pour le passager du scooter. Pas même pour la police à moto d’ailleurs. Les familles sont à 3 sur leur scooter. Klaxons permanents valent clignotants, salut à un copain, et merci à la fois. Le taxi frôle les motos, à plusieurs reprises, j’étais persuadé qu’on allait taper. Rond point emprunté à l’envers pour gratter 2 places. Et conduite à gauche quand il y a beaucoup de traffic, de ce que j’ai compris.
Pour vos emplettes? La vente directe! Le vendeur de lait de chèvres promène son troupeau entre les voitures avec sa pile de verres. Au moins ce sera frais. Vendeuses de fruits aux carrefours. On croise aussi un type qui tient une paire de lunettes à la main aux conducteurs qui passent. Il n’avait qu’à crier « atoooooool ». On retrouve les écritures à la peinture sur la devanture des magasins (assez souvent des pubs comme Pepsi, ou aspirine) il en reste encore quelques unes en France. Les bonbonnes de gaz sont livrées sur des scooter. Autour des aéroports, il est commun de voir quelques garages. Mais ils s’alignent ici sur toute la ville, comme si Guatemala city était le garage de l’Amérique Centrale. Le règne de la réparation et de la récupération, une économie qui a disparu chez nous et que certaines bonnes volontés tentent de faire renaître.
Pas d’électrique ici. Nuage noir de pollution à chaque fois que le feu passe au vert ou dans les montées. On voit énormément de décharges sauvages, des tas de sacs poubelle qui s’amoncellent, et des détritus qui se décomposent dans la forêt. L’eau qui dévale dans le caniveau est noire. J’aurai une explication quelques jours plus tard, mais l’écologie est bien une préoccupation de (certains) riches. En tout cas pas d’ici.
Les flancs de collines sont remplies de cabanes de briques et de tôles. Quand on voit des publicités d’armureries, ou des gardes armés d’un fusil à pompe devant une épicerie ou un camion de livraison, on a vite une idée de l’ambiance. Si certains sont prêts à se faire tuer pour un paquet de chips, on imagine le niveau de misère ici….. il y en a qui naissent à Buckingham, et d’autres qui naissent ici.. mais durant tout le séjour au Guatemala, je n’ai quasiment jamais vu de personnes qui semblaient vivre dans la rue. La pollution, la saleté, la simplicité extrême, mais pas de mendicité ni de violence. Chacun a un travail, même modeste.
Le conducteur a une bonne culture musicale d’après ses sifflotements, qu’il ponctue de petits claquements de langue nerveux pour manifester son impatience à chaque ralentissement. Autant dire qu’il joue des castagnettes. Puis il enlève la climatisation à chaque fois qu’il doit accélérer. Je sors un petit truc à manger, que je partage volontiers avec lui, dans notre détresse du moment.
On arrive enfin à Antigua après quasiment 2h de bouchons. C’est une petite ville coloniale mignonne, qui semble bien plus calme que Guatemala city et sans garage. Déjeuner dans le patio d’un restaurant Franco suisse. Je ne sais pas pourquoi on a choisi ça après seulement 2 semaines en vadrouille, mais c’était délicieux. Dur dur l’espagnol .. Puis on explore un supermarché qui ferait passer Lidl pour le bon marché.
Alors qu’on prépare le dîner, quelqu’un tape à la porte, on sursaute tous. On ne comprend pas ce qu’il veut et on préfère ne pas ouvrir, c’est dire le sentiment de sécurité.
On avait juste oublié la clef à l’extérieur..
On s’endort exténué, welcome to Antigua!