C’est déjà notre dernière journée à SF, D nous prête gentiment Perlitta et on décide de découvrir la mythique route1 qui parcourt la Californie du Nord au Sud. L’occasion d’emprunter le Golden gate ce qui nous donne aussitôt le sourire Colgate. La vue sur la ville et l’océan paraît (la vue) magnifique, la prochaine fois on le fait à pied! On aurait aimé passer voir la forêt de séquoias, mais il fait prioriser car on a l’avion le soir. .
La route tient toutes ses promesses, ce dès les premiers virages, on est transporté dans une autre dimension. La côte accidentée et la route ondulée marquent la limite entre les vagues déchaînées et l’océan infini d’un côté, et la végétation luxuriante et les collines vertes de l’autre. Nature hostile, domptée par l’asphalte, laissant place à une nature apaisée et maîtrisée. Bon vous avez compris, c’est joli. Sans destination aucune, cette route est un voyage en elle-même. Ce concept cool me plait. On s’arrête de temps en temps, subjugué par le spectacle. On tente d’immortaliser l’instant mais on sait que visualiser sur un écran ne permet jamais de recréer l’émotion du moment. Alors on est juste contemplatif.



On traverse de petits ports mignons de pêcheurs-surfers, quelques terrasses proposent des assiettes de poissons face à la mer. Les enfants ont faim, il fait beau c’est bingo? Non, T ne peut pas s’arrêter là, on doit atteindre le restaurant recommandé par J et D. Tant pis pour les estomacs creux.
On roule encore 40 mn pour arriver à Bodega bay où Hitchcock a tourné les oiseaux. Nous on va manger du poisson. Et je dois dire qu’on s’est régalé avec ce sandwich au rockfish accompagné de French fries. Par contre pour le dessert et le café, mieux vaut passer son tour ou attendre quelques jours.

En sortant du restaurant, on a la surprise de voir dans le petit port quelques otaries venir nous saluer avec grâce.
Ce port, ces plages me rappellent un autre chef d’œuvre hollywoodien qui m’empêche encore de nager sereinement en eau profonde dès que j’y repense: les dents de la mer. Je ne sais pas où c’est tourné mais on retrouve l’ambiance « pêcheur du far west ».
Mais c’est pas tout, la course vers le Nord reprend, plus le temps pour les photos. Un détour rapide est exceptionnellement accordé par la DGPC (direction générale du planning et des congés) jusqu’à Bodega head, point d’observation des baleines grises. On zieute avec attention, en avançant la tête et en fermant un peu les yeux (ça aide il parait quand on cherche la baleine). Mais rien. Pas une nageoire à la surface. Juste un panneau explicatif, planté sur la falaise face à l’océan.
Le vent. Les éléments.



On repart, je comprends qu’il n’y aura plus d’arrêt, même en cas de projection de vomi sur une des fenêtres arrières.
On arrive enfin à l’objectif : Jenner, petite bourgade charmante sise à l’embouchure de la Russian River, baptisée ainsi par des trappeurs russes. L’endroit, aussi venté que vanté par J et D depuis des années, renferme en effet de nombreux contrastes. L’océan agressif d’un côté, qui affronte le calme plat de la rivière de l’autre côté. Les collines environnantes (côté terre donc), sont assez raides, et elles rappellent sans mal les paysages alpins, alternant prairies et forêts.
Et la plage s’avère être un solarium officiel pour de sympathiques otaries. De loin, on croirait des sacs de sable jetés sur la plage. Mais en s’approchant, elle commencent à relever un peu leur petit visage rond. Et je n’ai pas de honte à affirmer qu’elles nous ressemblent un peu. Ce sont nos vieilles cousines après tout. Elles ont juste laissé passer le train de la modernité, préférant se prélasser au soleil sur les plages de Californie. Pas si bête. Pour s’en convaincre, il faut juste s’emmitoufler dans un sac, faire des trous pour la tête, les mains et les pieds. Et vous voilà prêt pour vous sentir comme une otarie. Par contre il faudra un peu travailler les abdos avant de nager comme elles ….





La promenade sur cette plage sauvage du bout du monde restera sans nul doute dans nos mémoires. Sable gris, énormes troncs de bois flotté, vagues assourdissantes, vent à déraciner un séquoia, soleil de plomb, et sourire niais de bonheur.
Liberté.
Ce sera le point le plus au nord de notre aventure.
Car cette fois-ci on doit vraiment y aller, je reçois de nombreuses notifications insistantes de la DGPC. On commence à sentir la fin du chapitre 2, et on se dit que la Californie c’était quand même une super idée. Et je ne dis pas ça parce qu’elle était de moi. On sait qu’on va bientôt rentrer dans le dur de l’aventure .. et je ne dis pas ça parce que la route est bordée de séquoias!
Par contre comme le lecteur l’aura compris, ce moment suspendu sur la plage de Jenner n’est due qu’à l’insistance prononcée de la secrétaire générale de la DGPC: ma douce et chère T. All credits go actually to her ….
La route du retour sera moins sinueuse, on file sur ces grandes avenues ennuyeuses, bordées de maisons d’Américains, de palmiers et de starbeurk.
Dernier clou de la journée, traverser le golden gate avec la vue sur SF cette fois. Une belle manière de clôturer ce splendide épisode Californien !
Encore merci à J et D pour votre accueil merveilleux, on vous adore les amis!!
