On s’octroie un départ peu plus tardif car il ne fait pas encore trop beau. On décide d’aller voir l’océan. J’ai pas honte de le dire mais je me laisse tranquillement porter comme une brindille dans le courant (comme un évadé dans la baie?), tandis que T nous guide, sans quitter des yeux Google maps pour nous amener à bon port (bonne plage). Encore merci chérie ….
D nous disait qu’il y a beaucoup de micro-climats à SF … c’est pire que ça, on peut perdre facilement 12° en passant le croisement d’une rue à cause d’un courant d’air, d’un passage à l’ombre ou d’un clignement de paupière gauche. C’est frappant. Globalement, l’air est délicieux et vivifiant. Merci l’océan.
Le tram nous dépose au Pacifique. Je ne connais pas de terminus plus classe. Il y a quelque chose de fantasmatique et de lointain dans ce nom, Océan Pacifique. Alors quand on le touche avec un orteil timide plutôt qu’avec son doigt assuré sur une carte du monde, on se sent grandi. Et surtout frigorifié . Nous foulons le sable de cette plage dont on ne voit pas la fin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cet océan porte mal son nom, la puissance des vagues et l’eau glacée nous remplissent d’énergie. Mais le ciel reste désespérément gris ici, alors que le sable est relativement chaud.


Arrivés à l’extrémité civilisée de la plage, on dégotte un bon petit restau, dans lequel les bancs, certaines tables et même un ukulélé ont été sculptés par le propriétaire. C’est toujours mieux que de servir des verres de blanc sur le comptoir à 10 heures…

On monte sur le colline qui nous appelle de toutes ses forces, et on se retrouve dans une forêt d’abord fleurie domptée puis progressivement de plus en plus sauvage mais toujours aussi fleurie, qui domine l’océan. Cette ville est décidément plus surprenante qu’un épisode de Derrick. On aperçoit à la surface de l’eau d’assez grandes formes noires, ondulant avec élégance. Peut-être des lions de mer ou des baleines?
Le ciel semble finalement s’ouvrir lentement, laissant apercevoir au loin, de l’autre côté de la baie, un premier bloc de roches émergé. Puis un deuxième, alors que d’immenses tiges verticales commencent à sortir la tête du brouillard. Instant magique.




On doit quitter cette vue magnifique pour commencer à rentrer. Sans surprise, les maisons par ici sont plutôt grandes et élégantes.
Le soir, on repart avec tous les kids rejoindre J à un concert de jazz funk. Toute sortie après l’heure du dîner est toujours un événement pour les enfants. J’ai les même souvenirs d’enfance de soirées de vacances ou de soirs de fête de la musique … Et lorsqu’ils sont avec leurs copains, l’excitation atteint des sommets. Du bonheur en boîte de six, que de les voir dévaler les rues, dire bonjour aux voitures et aux trams en éclatant de joie à chaque réponse. Juste le temps d’avaler un sandwich avant d’entrer dans la salle. On est littéralement sur la rue, séparé des passants par une baie vitrée. C’est un trio de pointures piano trompette basse batterie. Meme si vous savez compter, vous ne devinerez pas que le pianiste joue aussi de la trompette … en même temps que le piano. Si si ! Ils nous régalent de grooves complexes et les enfants ont également adoré selon leurs propres mots.
Il commence à faire nuit, un froid de canard s’est abattu sur ce quartier animé, d’autant que je ne joue pas à chat avec les kids pour me réchauffer. Tout ce petit monde se rentre après sa glace, tandis qu’on va dîner avec J chez Rich. Le restaurant porte bien son nom, mais je dois dire que c’est délicieux. Assis au bar, on enchaine les petits plats très créatifs, et on les arrose de vins californiens qui ne valent pas rien (un verre pour le prix d’une bonne bouteille de Bordeaux en France). Mais c’est une des dernières soirées avant un bail, et je suis avec mon vieux poto, on discute de nos vies. On finit dans un bar métal dans le style Berlinois, mais plutôt calme à cette heur. Il y aurait eu plus de décibels à l’opéra haha. SF après 23h c’est Paris au mois d’août. Le bar propose environ 40 bières pression, mais celle qu’on commande est vraiment trop amère. On fait donc la fermeture, heureux de cette soirée, un peu comme si on avait joué à chat en faisant coucou aux trams.

